Interview de Mr Fouad Delici 2eme partie : l’enjeu des élections et le rôle des partis dans cette mascarade

 Djaafar : Les partis politiques en général et islamiques en particulier dans tout cela ?

D.F : Un parti islamique véhicule  par définition, un programme basé sur la « Chariaa » d’où justement le qualificatif. Or, au cours d’une émission de la radio algérienne, le secrétaire général d’une formation politique dite islamique annonce, qu’une fois arrivé au Pouvoir (Il est permis bien sûr de rêver) il n’appliquerait pas la Chariaa. Au cours d’un meeting populaire, le secrétaire général d’une autre formation politique dite islamique déclarait, qu’élu Président de la République, il ne couperait pas la main aux voleurs, il….etc.

Pour rappel, ces deux partis et un troisième du même genre, viennent de s’unir autour d’un programme commun (dont nous voyons à travers ces déclarations les contours) pour aborder les élections du 10 mai prochain. Ces formations n’atteindront, comme de bien entendu, jamais le Pouvoir pour différentes raisons dont certaines d’entre elles très objectives et ils le savent, mais pour l’analyse et au cas où ils y parviendraient, pourrions-nous parler de République islamique pour autant, sachant que la chariaa ne sera pas la source de la législation dans l’exercice de leur magistrature supposée? Il me semble impropre de parler de partis islamiques actuellement en Algérie ou du moins pour la plus part des partis ainsi dénommés.

Ceci dit, l’ensemble des partis politiques engagés dans l’aventure jouent seulement aux rabatteurs à en croire plusieurs titres de la presse écrite algérienne. Ils seraient ‘normalisés‘ pour d’autres. Dans ces conditions, ces partis ne constitueraient que des éléments d’un même et unique ensemble et auquel cas pourquoi frauder sachant que la partie se jouera finalement avec  un seul acteur chargé de surcroit également du contrôle? Même l’Ambassadeur US ne semble pas croire à une élection propre lorsqu’il affirme : « les décisions seront de toutes les façons prises ».

Pour ce faire il faut disposer d’une assemblée aux ordres n’est-ce pas excellence ? Mr BENOUARI ancien ministre des finances (1991/1992) qualifie ces élections de mascarade, et monsieur MESBAH estime que le Pouvoir ne peut se complaire que d’une assemblée sous contrôle. Monsieur GHOZALI va dans le même sens et le RCD va plus loin en annonçant que les quotas sont arrêtés. Il n’y a donc aucune consistance politique dans ce qui apparait comme préfabriqué, irréel, et avec pour unique objectif l’organisation d’une élection ou seule la participation compte. Terrible dans ce cas de figure d’assimiler l’Algérie à un simple bateau que l’abstention « Tgherkou» et nul besoin d’être grand clerc pour affirmer que pour une majorité d’algériens, le bateau en question bat pavillon tête de mort et donc, «Lahla tredou ».

Le bouchon est poussé jusqu’à comparer le 10 mai jour de l’élection au 1er novembre 1954. Comparer un jour de tricherie, de supercherie, de faux et usage de faux à un jour d’une si extrême noblesse, d’amour, d’engagement et d’abnégation, de sacrifice et du don de soi relève de l’injure. Il n’est vraiment pas permis de s’emparer encore une fois d’un des symboles les plus sublimes de la nation algérienne pour nous embarquer, embarquer le peuple dans une opération qui se joue fondamentalement en réalité sans lui et contre lui.

 Djaafar : Ou se situe alors les véritables enjeux ?

D.F : Observez l’engagement de cette débauche d’énergie et de « sous » du Pouvoir pour appeler à la participation populaire à ces élections tout comme son rôle de direction conduisant les partis politiques dans l’exécution de la partition en question, ajoutez à la symphonie un zeste des restes du printemps arabe et vous comprendrez sans grande peine qu’une large participation signifierait que le pays, donc le peuple, est sous contrôle, et à l’inverse, une faiblesse significative de la participation signifierait que le pays fait face à une contestation certes silencieuse mais lourde et d’envergure envoyant le message que le pays reste le maillon faible d’une stabilité maghrébine voulue, désirée et nécessaire pour les dirigeants du monde.

Dans le dernier cas, l’octroi de la gérance et de l’exploitation du sous-sol saharien aux uns, les marchés juteux aux autres, en jouant parallèlement au gendarme dans le Sahel pour le bénéfice des uns et des autres ne seraient plus suffisant pour se maintenir au Pouvoir et auquel cas, considérant « la nouvelle représentation » de la société civile, il est permis de penser que le scénario égyptien peut se rejouer pour éviter une explosion incontrôlée et des dérapages non maitrisés aux conséquences gravissimes.

 Djaafar : Les élections seront donc arrangées ?

D.F : Vous en doutez ? La presse algérienne avance déjà le nom d’une personne pressentie pour diriger le prochain gouvernement ou à défaut la prochaine assemblée au moment où certains titres électroniques étrangers spécialisés dans la politique africaine annoncent de profonds bouleversements dans la composante de la prochaine assemblée. Spéculations d’initiés ? En y ajoutant les déclarations sur le sujet des personnalités citées plus haut, et  à toute cette suspicion fondée, l’entêtement du Pouvoir à maintenir aux commandes un gouvernement dont la réputation de fraudeur a dépassé nos frontières, la réalité s’impose. Dans cette élection en foire de faux, le trésor public est quant à lui saigné véritablement à blanc et les programmes, du reste sans aucune importance, restent au placard.

La préoccupation majeure, maladive même, pour le Pouvoir et ses sous-ensembles politiques consistent uniquement à pousser le peuple vers les urnes et y glisser même le bulletin blanc. L’hémicycle, et de toutes les façons, pour paraphraser encore son excellence l’ambassadeur US, sera meublé aux gouts et couleurs de qui de droit. Pour conclure, et sous l’égide de la proportionnelle,  les bruissements d’Alger prêtent à penser que la prochaine assemblée serait une  mosaïque ou pour faire vrai et ressembler aux voisins, la priorité serait donnée quelque peu à la fausse opposition et dans ce cadre, tout est à parier que la nouvelle alliance verte y laissera des plumes.

 Djaafar : Comment expliquer cette façon d’inscrire en dehors de la période légale des milliers de militaires sur les listes électorales et dans plusieurs wilayas ?

D.F : L’octroi des agréments à plus d’une dizaine de partis politiques à ce jour (Il est question d’une centaine) n’est pas, comme nous le suggère la presse, destiné à émietter l’électorat islamiste. Ces partis, dans l’esprit du législateur, participent à sa stratégie de la participation. Le Pouvoir compte additionner au bas mot, les fondateurs des nouveaux nés et leurs familles dans la feuille des votants, à ce point. Dans la même logique et toujours obnubilé par le syndrome de l’abstention, tout est tenté pour faire voter cette tendance lourde de la société algérienne d’une manière générale et islamique plutôt fissiste d’une manière  particulière.

Il est même demandé aux uns, suggéré aux autres, à en croire certaines indiscrétions, de tout faire pour enrôler la base du Front islamique du Salut avec le double objectif d’une participation aux élections d’une part mais aussi et surtout pour donner le change à certaines pressions ou conseils d’origine occidentale qui demandent le dialogue ou tout au moins en appelle à la participation de cette catégorie d’algériens à la vie politique à laquelle ils sont en réalité exclus de fait en tant qu’entité indépendante par Le Pouvoir qui souhaiterait les dissoudre dans le magma pseudo islamique ainsi créé. Sachant que cette catégorie d’algériens est mue par des convictions profondes et bien établies, elle demeure donc toujours disciplinée et attachée à ses dirigeants historiques et ne suivrait que leurs directives. Ces dernières viennent de tomber et les fissistes soyez persuadé, ne voteront pas.

 Ceci étant, l’échec de cette projection reste patent pour ne pas dire qu’il sera cuisant, ce dont nous ne doutons nullement, mais le Pouvoir ne pouvait se suffire d’un seul scénario. Cette manipulation des listes électorales objet de votre question ne pourrait être qu’un des scénarios destiné à doper le taux de participation enjeu principal de cette élection en cas d’une forte abstention somme toute prévisible. Seulement, peut-on admettre que des formations politiques très proche du Pouvoir (Proche est réellement ici un euphémisme) mettent en lumière la supercherie? Cette dénonciation ne serait-elle finalement qu’une façon de rendre publique et faire admettre aux yeux de l’opinion comme légale (Après justification du ministère de l’intérieur) une opération absolument contraire aux lois ?

En effet, il aurait été impossible de cacher cette manipulation du fichier électoral au niveau de Tindouf entre autres une fois les résultats rendus publics (taux de participation supérieur de très loin au nombre d’habitants), et mieux valait donc annoncer et  justifier avant le scrutin la fraude. Cette façon de faire (type ’fait du prince’) est inadmissible et constitue une véritable atteinte au bon sens, à la dignité des Algériens et à la raison internationale face à ce qui s’apparente à un crime d’état. Cette manière de procéder, summum de la perversion, met en lumière, au mieux une manipulation, au pire et en avant-première mondiale, une complicité du Pouvoir et des partis dans l’organisation de la fraude.

Entre temps, on continuera à disserter sur la commission indépendante de surveillance des élections, de la participation des magistrats, des représentants européens, onusiens, africains et arabe pour éviter les fraudes lorsque celles-ci sont déjà consommées, admises et de surcroit à ciel ouvert. Comme les précédentes, cette élection s’annonce et s’affirme comme étant moulée dans le format Naegelen.

 Djaafar : Le Fis selon le Pouvoir aurait été exclu de la vie politique par le Peuple, votre avis ?

D.F : A travers un référendum sensé exclure le Front Islamique du Salut et absoudre les dictateurs, le peuple dit non en refusant de participer à la supercherie. L’abstention à la consultation fut ce jour-là inégalée et nul besoin me semble-t-il de revenir sur la nature des élections dans notre pays. On se suffira toujours en ce sens, de la déclaration de monsieur BOUTEFLIKA qui fera date. Il serait  par contre beaucoup plus exacte de dire que le FIS fut exclu par la force des baïonnettes, comme sont exclues toujours et encore les libertés fondamentales, matrice de la condition humaine, de l’émancipation et du développement, des sociétés civilisées. Ecrasant se faisant, dignité, orgueil et jusqu’à la raison d’être de l’Algérien dont la déprime conduit, qui au suicide,  qui à la harga et l’exode, ravageant le civisme et l’ensemble des valeurs d’une société algérienne dont le moins que l’on puisse dire est aujourd’hui déchirée, presque en décomposition.

Nous mettons au défi, encore une fois le Pouvoir, de permettre au Front Islamique du Salut de solliciter, grandeur nature, le jugement du peuple à travers une consultation, mais certainement pas celles du 10 mai que nous aurions boycotté même dans l’existence légale.

Djaafar : A vous écouter, notamment dans votre réponse à ma première question, vous semblez avoir une autre idée sur les « évènements » intervenus en Algérie dans les années 1992/2000.

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Commentaires

Portrait de mannallah

Une certaine presse les taxe d'islamistes...Le comble , Cette presse parle d'Islamistes..comme si vraiment ILS LE SONT..dites plutôt PSEUDO-ISLAMISTES..PSEUDO-DÉMOCRATES à la rigueur , on pourrait comprendre..Mais affirmer que ce sont des ISLAMISTES alors qu'ils se sont alignés du cote des PUTSCHISTES ET QU'ILS APPLAUDISSAIENT la politique éradicatrice en cautionnant l'envoi des élus du peuple dans des camps de concentration , pire PARTICIPENT à un gouvernement dirigé par LE CHEF DES ÉRADICATEURS ET DANS LEQUEL UNE CERTAINE KHALIDA TOUMI S'APPROPRIE LE ministère de la culture rien que pour porter préjudice aux valeurs mêmes de ce peuple ; va plus loin et revendique , importe de mauvaises moeurs qui n'ont rien a voir ni avec notre culture ni même les us et coutumes de note société...Une vidéo circulant sur la toile prouve si besoin est la décadence des valeurs de ce pays...Alors , que cette presse parle d'ISLAMISTES oubliant l'adage qui dit que l'HABIT NE FAIT PAS LE MOINE...Allons , messieurs de la presse un peu de sérieux....DE TOUTE FAÇON..  « 

EL DJEBHA , L’authentique celle que tous les algériens connaissent vient de se prononcer..AU PEUPLE DE RÉPONDRE..MILITANTS ..SYMPATHISANTS..Famille , parents amis de victimes , de disparus d’exilés ..EN un mot PEUPLE ALGÉRIEN pour la mémoire de TES ENFANTS ...Le parti que tu as cautionné , plébiscité le 26/12/1991et qui porte toujours sur ses épaules ce lourd fardeau n'a pas dévié d'un iota du but qu'il s'est fixé à savoir l'INSTAURATION d'une république respectueuse des valeurs islamiques ..Il suffit de répondre par un BOYCOTT MASSIF pour que ce système au bout du souffle tombe en désuétude ..le voilà d'ailleurs agonisant..Délivrons notre peuple... RÉPONDONS TOUS PAR UN BOYCOTT .QUE CE BOYCOTT SOIT EXPRESSIF POUR QUE CE POUVOIR COMPRENNE QUE LE PEUPLE VEUT RÉCUPÉRER SA SOUVERAINETÉ..ET FAIRE TAIRE une fois pour toutes certains individus à leur tête nezzar qui se sont auto-proclamés TUTEURS DE CE PEUPLE...N'est-ce pas là UN DEVOIR.
 »

Essalamou 3alaikoum.
En 1992, j'avais voté FIS. je sentais une grande fierté de savoir qu'il existait des Algériens honorables, sortis des universités et des mosquées, qui s'étaient regroupés au sein du Front Islamique du Salut...
Depuis ce temps, beaucoup de nos frères ne font plus partie de ce bas monde. ALLAH YARHAMHOUME.
En tant que simple Algérien et après tout ce qui est passé en Algérie. Je vous déclare que j'ai toujours confiance aux Shouyoukh, Abbasi Madani et Ali Benhadj. Je suis toujours fidèle au Front Islamique du Salut , a ses hommes et a sa ligne...
AKHI FOUAD BARAKA ALLAHOU FIKA. ALLAH YARHAME ECHAHID ABDELKADER HACHANI.

Portrait de mannallah

DES PARTIS ISLAMISTES !!!!! Sobhan ALLAH , n'ont-ils jamais cessé d'attaquer LES VRAIS MILITANTS ceux-là mêmes que le peuples souverain avait plébiscité le 26/12/1991...Un monde à l'envers , un moment donné , ils refusaient le fait de se constituer en PARTI ..ILLICITE disaient-ils.....PUIS VINT l'ordre de mission , ils reviennent sur leur décision créent des partis ayant pour intention La récupération de l’électorat FIS..Une gifle cinglante les attendait..C'est sur , ils attendent une deuxième gifle et pour bientôt INCHALLAH

 

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