Interview du Vice Président du FIS Ali Benhadj

Ali Benhadj dans une marche

Interview du vice président du FIS Ali Benhadj

Par Farid Omeir

Comprenez vous que parfois vos discours du début des années 90 ait pu faire peur à une partie de la société ?

Premièrement notre discours a eu l’approbation du peuple à deux reprises, lors des élections municipales et législatives de 1990 et 1992.
Deuxièmement notre discours était clair et sans ambigüité, le peuple a choisi le FIS en connaissance de cause et librement dans le cadre d’un processus démocratique.
Si notre discours avait été réellement effrayant, le peuple aurait choisi les autres partis en lice. D’autant que toutes les tendances étaient représentées. Notre discours n’était donc en rien effrayant et c’est pour cela que les algériens nous ont choisis.

Mais le discours sur la démocratie était parfois pour le moins ambigüe ?

Cela fait partie de la propagande du régime pour salir notre image et justifier le coup d’Etat. En se présentant aux élections, nous savions que cela engageait l’acceptation de l’alternance et nous adhérions à cela. Nos principes n’ont pas changés depuis.

Pourquoi le FIS n’a-t-il pas su se maintenir en tant que structure comme le mouvement Ennahda en Tunisie avant la révolution ?

Le FIS a été dissous officiellement et son retour sur la scène politique est interdit. Il a subit la guerre de la part du régime et cela l’a affecté durant toutes ces années. Il y a aussi l’interdiction pour ses dirigeants de se réunir. Ce qui rend difficile le maintien d’une structure.
Mais si le FIS est dissous sur le plan administratif, il reste toujours présent sur le plan populaire. Ce n’est pas une fiche que l’on peut déchirer, c’est une réalité sociale et politique que personne ne peut ignorer.

Une récente loi vise à interdire aux anciens cadres du parti de revenir sur la scène politique. Malgré cela croyez-vous à un retour du FIS ?

La loi votée récemment nous exclut, elle a été faite pour cela. C’est illégal et nous poursuivrons ce régime à l’intérieur du pays et si on n’y parvient pas, à l’extérieur pour qu’on l’on reprenne ce qu’on nous a volé comme droit ! L’Algérie ne respecte pas les lois et les traités internationaux qu’elle signe et nous nous réservons le droit de l’attaquer devant les instances internationales.
D’ailleurs si vraiment nous n’étions plus populaire, pourquoi voter une énième loi pour nous exclure et ne pas laisser le FIS revenir et organiser des élections libres ? Cela permettrait de mesurer la popularité de chacun. C’est au peuple de choisir ses dirigeants et le régime n’a pas à exclure des candidats. Tout le monde doit pouvoir se présenter. Même si l’Etat nous en empêche, nous reviendrons un jour sur la scène politique.

Pensez-vous qu’en cas d’élection aujourd’hui le FIS serait toujours vainqueur ?

Je ne sais pas, seul des élections permettraient de le savoir. Il ne faut pas précipiter les évènements. Mais le FIS a une base populaire très large, bien plus large que celle de autre partis qu’ils soient islamiques ou pas. D’ailleurs, tout les partis déclarent que leur porte reste ouverte aux anciens militants du FIS, c’est bien la preuve qu’ils savent que le parti bénéficie toujours d’une large assise populaire.

Comment expliquez-vous que l’Algérie ne soit pas entrée en révolution comme la Tunisie ou l’Egypte ?
La révolution a ses conditions qui sont différentes d’un pays à l’autre. On ne peut pas faire du copié collé. Il faut prendre en compte les spécificités de chacun. Mais si le régime algérien n’effectue pas de sérieuses réformes et continue sa mascarade sans amorcer un changement radical qui ouvre la voie au multipartisme, alors il arrivera certainement en Algérie ce qui est arrivé en Egypte et en Tunisie.

Pensez vous qu’un changement démocratique est pour bientôt en Algérie ?

Le régime Algérien est un régime dictatorial. Le système est mafieux, pourri de l’intérieur. Il n’est ni démocratique ni islamique et ne respecte aucun droit. C’est ce système qui a pourri l’Algérie et l’a plongé dans une crise socio-économique profonde. Il n’est pas différent des systèmes dictatoriaux arabes. Donc le changement est inéluctable. Il est difficile de savoir quand, seul Dieu le sait. Mais il viendra, tôt ou tard.

Vous avez participé aux manifestations en janvier à Alger et beaucoup de personnes ont été étonnés de vous voir dans des marches avec Saïd Saadi ? Pourquoi avoir participé ?

Je n’étais pas avec Saïd Sadi, j’étais présent contre le régime. Ces manifestations étaient organisées par un collectif de partis et d’associations auquel j’ai pris part. Mais cela ne m’empêche pas de garder mon indépendance politique et mes idées. Mais je soutiendrais tout mouvement qui luttera contre ce régime illégitime.

Quel est votre vision des islamistes aujourd’hui en Algérie (MSP, Ennahda) ?
Nous espérons que toutes les tendances, qu’elles soient islamiques ou pas, puissent se représenter. Pour ma part, je soutiens partout les partis islamiques. Mais il y-a bien sur une différence entre les partis islamiques en Algérie et les partis islamiques en Tunisie, en Egypte, en Syrie, au Yémen. Car ces partis ont toujours été dans l’opposition face aux régimes dictatoriaux alors qu’en Algérie ces derniers ont collaboré avec le régime!
Ils sont loin des attentes populaires.

Quel est votre situation aujourd’hui ?

Il m’est interdit de faire de la politique. Tous mes droits sont bafoués, je n’ai pas le droit de manifester, de réunion, je n’ai aucun droit civique, ce qui va à l’encontre des droits humains.

Français

Commentaires

Portrait de mannallah

Lorsque l'HOMME parle...IL crée l’évènement de par ,sa sincérité,il fait retrouver à l'Algérien et son PRESTIGE son honneur , sa fierté et surtout SA DIGNITÉ..N'est-ce pas là un message à méditer pour faire retrouver à ce pays ses valeurs qui sont et qui ne peuvent être que d'inspiration  ISLAMIQUE valeurs ..ON NE LE DIRA JAMAIS ASSEZ de l OUMA MUSULMANE..à laquelle appartient cette Algérie depuis bientôt 15 siècles..CHEIKH ALI BENHADJ...CHOUKREN.

Portrait de belmehdi

Une majorité de l'opinion nationale algérienne partage les points de vue de Chikh Ali Belhadj. L'important ce n'est pas être ou ne pas être au pouvoir ou dans l'opposition mais d'être dans le"droit chemin" et de dire la vérité qui mène au Salut des hommes et de la Oumma et ceci le Chikh l'exprime très bien. Le retour du FIS n'est pas important en soi, la vrai Révolution à nous les Musulmans a commencé il y'a 14 siècles, les vrais révolutionnaires sont les messagers de Dieu. 

Portrait de mannallah

Je me demande ce que signifie ..le MOT ÉCHEC...Qu'est-ce qu'il devrait faire de plus Ce FIS qu'on accable de tous les maux....ALORS QUE SES LEADERS , emprisonnés dans une caserne militaire n'arrivaient même pas à communiquer..Ceux qui alors étaient au devant de la scène ont été poussés à l’exil , d'autres , ASSASSINES au vu et au su du monde entier ..QUE POUVAIT-IL FAIRE face à une armada qui assassinait en plein jour..Le comble cautionnée par l'occident qui disent-ils craignait le péril vert..Et puis que fait aujourd'hui encore le FIS...N'est-il pas à la pointe du combat aussi bien à l’intérieur qu'à l’extérieur du pays...QUE SIGNIFIE LE MOT ÉCHEC ? Depuis 20 ans , le FIS a été toujours là , AUX premiers rangs , il n'a jamais abdiqué...Il poursuit son combat et DIEU MERCI , aujourd'hui tout un peuple cautionne ce combat qui j’espère aboutira pacifiquement pour le bien de ce pays....250 000 victimes...des dizaines de milliers disparus , exilés..et vous parlez d'échec...JE COMPRENDS PAS..Quant à cette exploitation.du FIS..YA ALLAH QUE POUVAIT IL-FAIRE ce militant FIS QUE L'ON A Envoyé DANS DES CAMPS DE CONCENTRATION ? QUE pouvait-il faire LORSQUE EN PLEINE NUIT , on enfonce sa porte pour l'assassiner ..QUE POUVAIT-IL FAIRE LORSQUE LES INSTITUTIONS DU PAYS N'APPARTIENNENT PLUS AU PEUPLE mais à une caste qui s'en est emparée pour frapper en leur nom les enfants du peuple pour ne pas dire le peuple lui-même...PARLEZ d'échec Monsieur sonne faux...CE N'est PAS UN COMBAT RÉGULIER ..Les putschistes utilisaient les institutions de l'ETAT ...EN PLUS D'UNE COMPLICITÉ aujourd'hui avérée des occidentaux..Il est temps , grand temps de faire une lecture saine des évènements qu'à vécu et que vit toujours le pays..L'HISTOIRE EN TÉMOIGNERA...QUE POUVAIT-IL FAIRE CE FIS devant des criminels hors normes...ILS tuaient pour le plaisir de tuer..ALLEZ DEMANDER à cette dame que tout BAB-EL-OUED APPELAIT ET APPELLE aujourd'hui encore mère de 5 CHOUHADAS QUE l'on a assassinés au seuil de la porte , elle n'avait pas fait le deuil du premier que l'on lui assassine le deuxième et c'est la même chose jusqu'au cinquième....QUE PEUT FAIRE ALORS LE FIS ? ... SINON CONTINUER PACIFIQUEMENT CE COMBAT ? loin des manipulations version GIA ET AUTRES à instaurer INCHAALLAH UN ETAT DIGNE DE CE PEUPLE.ne jouez pas le jeu du pouvoir...c'est malheureusement ce qu'il dit et que vous cautionnez...LES leaders que vous désignez du doigt ont ce droit à la parole ..ILS REVENDIQUAIENT CERTAINES VALEURS EN TOUTE TRANSPARENCE...des INTELLECTUELS ,des universitaires aujourd'hui exilés se retrouvaient dans le programme du FIS... Épousaient et partageaient les mêmes conceptions que véhiculait LE FIS ...QUANT aux prêches que vous qualifiez d'incendiaires étrangement comme le fait le POUVOIR ..Sachez, qu'ils exprimaient le message de tous les algériens du moins sympathisants et militants du DU front islamique du salut..IL faudrait savoir une chose et surtout avoir une conviction pour ne pas dire une foi sincère pour dire à l'autre NE TOUCHEZ PAS à mes principes et surtout pas à ma religion ..Et si vous le feriez , je saurais me défendre....ET C'EST CE QUE VOUS APPELEZ "prêches incendiaires" FEU..EL-HACHEMI CHERIF DISAIT pire , il est même passé aux actes .Proche du MOKH c'est ainsi qu'ils l'appelaient , je cite General touati celui-là même installé aujourd'hui à la présidence comme conseiller disait ou faisait dire qu'il était prêt à liquider les 30400000 votants FIS....Et depuis quand..JUGE-T-ON LES GENS POUR LEUR INTENTION...Sachez , que CHEIKH ALI BENHADJ SE TROUVAIT 8 MOIS BIEN AVANT LES ELECTIONS ENFERME DANS UNE CASERNE MILITAIRE .ET QU'IL N'AVAIT RIEN à VOIR AVEC Les ELECTIONS CECI POUR VOUS DIRE QUE DE VRAIS DÉMOCRATES MUSULMANS JE DOIS LE DIRE , compétents dans tous les domaines étaient derrière la victoire du FIS..Le pouvoir l'admettait..SAID SAADI disait qu'il s'inclinait devant le verdict des urnes (soir d'algerie) ..Et voilà , un individu qui se disait qu'il allait perdre tous les privilèges décide alors qu'il était dans son salon d'annuler les élections pire reprocher au peuple son choix....Les médias qui ne se retrouvaient pas ou qui n'acceptaient pas ce verdict déforment la réalité , colportent des insanités à l'encontre des élus du peuple ..laissant entendre aux occidentaux le danger disait-il du peril vert....POUR DIRE à qui veut l'entendre que LES MILITANTS DU FIS SONT VENUS D'une autre planète..Je vous respecte...Je sais que le matraquage médiatique aussi bien endogène qu’ exogène en a fait des siennes...C'est le coeur qui vient de s'extérioriser pour vous dire NON CE N'EST PAS CE QUE VOUS PENSEZ...TOUS MES RESPECTS. Dire ne pas en vouloir à ceux qui une fois le FIS ÉLOIGNÉ PAR LA FORCE DES ARMES se retrouvent promu s à de grandes responsabilités POUR ensuite prêcher le faux et déformer la vérité ..Ma foi , non je leur en voudrai durant le restant de ma vie non pas parce qu’ ils ont cautionné le coup d'Etat qui a plongé le pays dans ce cauchemar que nous connaissons et qui continue de nous livrer chaque jour ce compte macabre que fait cette presse aux abois ..assassinats de militaires..liquidation, élimination de terroristes ..MALHEUREUSEMENT CE VOCABLE DEVIENT FAMILIER jusqu'à ne plus s'y intéresser..et dire que ce sont des êtres humains algériens par dessus le marché..Ce qui est désolant c'est d'avoir induit des personnes en erreur en assombrissant et de quelle manière l'image des leaders du FIS...YA ALLAH..CE QUI ME LAISSE DIRE << SUIS-JE SUBJUGUE PAR CES PERSONNES AU POINT DE NE PLUS RAISONNER ET LES SUIVRE au détriment des valeurs universelles véhiculées par des personnes intègres COMME LA RESPECTUEUSE DALILA TOUAT ....Et alors là , je m'approche davantage de ceux qui je pensais être sous l'emprise de leur influence , JE DÉCOUVRE ALORS LES HOMMES ET JE DIS EN M'ADRESSANT AU TOUT PUISSANT...MERCI MON DIEU DE M'AVOIR PERMIS DE CÔTOYER DES GENS PAREILLES.....Suis-je vraiment influencé du fait de cautionner tous ce qu'ils disent....En mon âme et conscience .je le dis ...C'est mon désir...Et comme le disait EL-MARHOUM YOUCEF BENKHADDA QU'ALLAH ME PARDONNE CE PASSE qui faisait que j'étais à des lieux de l'intime conviction de ses personnes..