CONSTRUCTION ET DEMOLITION

Il n’est possible de gouverner un pays que de deux manières bien différentes l’une de l’autre. La première impose de disposer

  1. De la force pour réprimer et annihiler toute opposition à l’exercice du pouvoir despotique
  2. Des moyens nécessaires, notamment financiers pour corrompre, les éléments de la force chargés de la répression d’une part et l’élite chargée d’encadrer la société civile pour l’achat de la paix sociale d’autre part.

La seconde façon de faire, totalement pérenne, moderne et conforme à tous les préceptes religieux monothéistes, celle naturellement à laquelle tous les peuples aspirent instinctivement, gage absolu de la stabilité et du développement, exige de disposer d’une base sociale aussi large que possible pour soutenir les programmes et actions des pouvoirs publics.

               Pour autant, un état policé dure, érigé sur la démilitarisation des sphères économique, sociale et administrative ayant certes permis le bannissement de l’informel politique ne peut, à travers une répression aussi forte soit-elle, en appui sur une base populaire virtuelle constituée par une alliance d’appareils inexistants sur le terrain (partis politiques, associations et autres)  et même en bénéficiant du parapluie des superpuissances, faire l’impasse sur  l’instauration de réformes structurelles profondes tant politiques, économiques que sociales absolument nécessaires à la remise en marche du pays, ankylosé par des décennies de dictature, synonyme d’immobilisme généralisé..

               L’absence des moyens financiers, la rupture des équilibres macroéconomique et l’agitation somme toute stérile de l’exécutif annonce un avenir bien difficile pour notre pays. Nous rappelons aux pouvoirs publics que seuls l’entêtement et le refus des dirigeants arabes de procéder à la mise en œuvre des réformes indispensables, sont responsables des situations actuelles vécues par les peuples syriens, libyens, yéménites et autres. Il est donc impératif de rechercher la stabilité et le développement par l’action et en aucun cas à travers les vœux pieux du verbiage et ce, en procédant courageusement aux réformes structurelles systémiques nécessaires.

               Des réformes importantes à la législation devront êtres apportées pour assurer une séparation réelle entre les pouvoirs et réaliser absolument une indépendance effective de la justice, tout comme l’octroie à l’assemblée nationale de l’ensemble des prérogatives lui permettant d’exercer pleinement sa représentativité populaire. Un gouvernement responsable, issue de la majorité parlementaire elle-même fruit d’un scrutin libre, transparent et sans fraude constituent une obligation incontournable pour former cette base sociale tant recherchée, destinée à soutenir volontairement des réformes absolument indispensables à notre économie.

               Le gouvernement élu aura ainsi donc la charge de définir et de mettre en œuvre ces réformes structurelles profondes dans le domaine économique et notamment financier comme il aura à affronter la fronde sociale en s’appuyant sur ses électeurs eux bien réels. La minorité politique sera dans son rôle en s’opposant aux politiques gouvernementales mais ne pouvant créer les agitations sociales tant redoutées de par la faiblesse de ses assises et n’aura plus à se conformer qu’aux règles des urnes pour l’accès au pouvoir.

               Dans ce cadre, le projet de constitution sera déterminant. Il va rendre publique la stratégie des pouvoirs publics dévoilant leurs intentions réelles sur la façon de gouverner. Dans le cas d’une gouvernance en appui sur une majorité parlementaire, des élections législatives anticipées devront être organisées pour permettre à un nouveau gouvernement d’engager légitimement cette fois l’Algérie dans la voie librement choisie par la majorité de la société et, ce faisant, mettre dernière nous la menace d’une explosion populaire tant redoutée. C’est globalement ainsi que le Cheikh Ali DJEDDI entrevoie une sortie de crise consensuelle en Algérie dans son communiqué du 01 novembre publié sur le site officiel du FIS et par le quotidien Chourouk et ci-dessus reprise.

               Cependant, et dans les faits, le process consensuel de sortie de crise du Cheikh DJEDDI fait fasse à une opposition menaçante, loin de constituer une simple résistance aux changements. Des groupes en appui sur des médias, de tout temps bien protégés et de tout temps ramant contre les véritables intérêts de l’Algérie et de son peuple, s’agitent et manœuvrent dangereusement pour remettre en cause toute velléité de changement systémique dans le pays. Il est ouvertement fait appel à une intervention militaire par les uns, insidieusement par les autres, exigeant l’arrêt des changements en cours imputés à un pouvoir occulte. L’opposition, ou ceux qui se dénomment comme tel, dénonce une vacance du pouvoir lorsque d’anciens alliés écartés estiment qu’un groupe inconnu s’est installé aux commandes et gouverne le pays en lieu et place du Président de la République. Vous remarquerez que si l’expression est légèrement différenciée, plus appuyée chez les seconds que les premiers tout de même, les propos des uns et des autres se rejoignent pour dirent exactement la même chose. Vous aurez également remarqué qu’en déclarant que le Président de la République n’aurait pas accepté sa démission s’il l’avait lui-même présentée, le général Toufik ne dit pas également autre chose, permettant ainsi d’imaginer les grandes formes de l’organigramme de l’orchestre et peut être même deviner ce faisant l’auteur de la chanson. Mais en fait, ou se situaient ces groupes et médias lorsque le Président dénonçait des lignes rouges qu’il ne pouvait outrepasser ? Qui imposait ces lignes et qui donc réellement gouvernait l’Algérie en ce temps ? Pourquoi ne pas avoir soutenu le Président lorsqu’il ruait dans les brancards, refusant de n’être qu’un trois quart de Président ? Qui confisquait le quatrième quart, nettement plus consistant tenant ainsi en liesse l’ensemble des décisions souverainistes et transformant l’institution présidentielle en une simple devanture pour les formalités nationales et internationales ? Qui banalisait pour les Algériens et le monde l’existence dans notre pays de ‘‘décideurs’’ formalisant ce faisant l’informel politico-économique ? Ceux qui avaient tant reproché à l’armée de s’être introduite dans la vie politique à travers le soutien apporté par la lettre du chef d’état major au secrétaire général du FLN lors de son élection à la tête de son parti, peuvent-ils aujourd’hui, toute honte bue presser l’armée d’intervenir dans le champ politique pour opérer un coup d’état dont on ne dit pas le nom ? Cet appel à l’armée par ceux qui refusent les changements ne serait-il point dans l’absolu synonyme que de volonté de statuquo pour un retour au système et hommes ‘‘des anciens décideurs’’ ?  

               Dans leur désir de stopper l’avènement d’une république civile, libre, souveraine, légitime entièrement aux services de l’Algérie et de son peuple, les putschistes en 1992 faisait encore une fois faire la sale besogne à l’armée et organisaient la couverture politique à travers le comité national pour la sauvegarde de l’Algérie (CNSA). Vous remarquerez qu’il était question de sauvegarder (le statuquo avec ses acquis et pouvoirs) et non de sauver l’Algérie. C’est sous le slogan de sauvegarde et donc de garantie de la pérennité du régime que furent opérées toutes les dérives de la décennie sanglante et construit sur le socle d’une dictature déjà existante l’un des régimes les plus occultes de l’histoire moderne de l’humanité. Il n’est jamais inutile de rappeler encore au 21ème siècle le bilan désastreux de ce coup d’état considérant le nombre des victimes engendrées et la profondeur de la destruction opérée sur l’ensemble des secteurs d’activité par un pouvoir et ses soutiens qui va rejoindre la postérité affublée de la référence historique majeure de l’échec d’une dictature, particulièrement sanglante et prédatrice. 

               Dans le cas d’espèce, les objectifs de la demande faite à l’armée sont aussi si ce n’est encore plus graves que ceux du CNSA. En effet, sachant que l’état major soutien totalement et pleinement le Président de la République en exercice, à qui est destiné le message des partisans de l’intervention militaire ? Une rébellion de la troupe contre l’état major serait elle la solution aux maux de l’Algérie ? Une division dans les rangs de l’armée ne drainerait elle pas le pays et très probablement tout le Maghreb vers une situation aussi destructrice et dramatique que celle prévalant actuellement en Syrie ?

               Ces groupes qui exigent aujourd’hui sournoisement l’arrêt de changements non encore intervenus pour la plupart du reste et qui refusent la mise en œuvre d’une constitution nouvelle dans le pays sont exactement dans leur ou la logique de 1992. Ils n’ont point évolués parce que leurs mentors n’ont point évolués. Les mêmes hommes, les mêmes méthodes. Dans cette action, l’immobilisation de la société est souhaitée, le peuple mis à l’écart, sollicitant l’armée pour offrir encore une fois le pays, inerte cette fois ci, (les forces vivent semblant ignorer les enjeux ou craindre les manipulations) au sacrifice à l’autel de la dictature de l’informel politico-économique source de tous les malheurs d’une l’Algérie aujourd’hui terrassée.

               Si pour les marionnettes, il est tout simplement question de refuser que leur tutelle traitante soit renvoyée au civil, ce qui signifie forcément leur retrait à terme de la vie politique car sans ancrage populaire réel, les Algériens eux refusent un nouveau putsch qu’il soit blanc ou rouge, comme ils refusent et rejettent énergiquement par principe l’intervention de l’armée dans les joutes politiques et dans ce cadre, il est fait ici appel au soutien de tous ceux qui œuvrent pour une Algérie en mouvement, libre du choix de son destin et par conséquent libre du choix de ses dirigeants d’unir leurs voix pour crier et activer une dynamique opposée à une intervention militaire dans les affaires politiques du pays.

               Enfin, l’association volontaire de la proposition constructive du Cheikh Ali DJEDDI à la demande destructive des partisans de l’intervention militaire est destinée à permettre à l’opinion nationale et internationale de véritablement sérier librement, loin des tambours de la prestigitation médiatique, entre les bâtisseurs et les fossoyeurs de la République.   

DJEDDOU Mayara

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