La problématique de la mise à mort de l’Algérie Histoire de comprendre ( 5 )

L’Algérie, un Territoire d’Outre Mer  français ?               

                  Cet occident qui veut plus qui veut absolument tout, aurait-il tout obtenu ?

  1. La lutte antiterroriste constitue une manœuvre hautement stratégique pour les occidentaux. Elle justifie à elle seule auprès des opinions du monde (même arabe) les actions de dressage des peuples. Il serait peut être utile, juste pour se remettre dans le bain, de revisiter ‘‘l’opération Gladio’’ et de réexaminer dans ce cadre, à tête reposée, tout les attentats terroristes en occident et les scènes des exécutions d’otages partout ailleurs. De toutes les façons, la diplomatie algérienne est actuellement totalement, quasi exclusivement engagée auprès des maitres, au service des puissants dans la lutte contre le terrorisme. L’Algérie est présente à toutes les manifestations et réunions tenues à l’étranger et en rapport avec l’objet. Elle ne lésine pas de son coté à en organiser elle-même, sur son territoire des rencontres, journées d’études et autres réunions de toutes sortes et sur tous les sujets liés à cette lutte contre le terrorisme. La réunion des pays non alignés organisée à Alger en 2014 avait pour thème la lutte antiterroriste lorsque la réunion des mêmes pays en 1973 et toujours dans notre pays traitait de la nécessaire redéfinition des rapports entre le Nord et le Sud, de l’obligation de la redéfinition des rapports entre les riches et les pauvres avec in fine ce discours mémorable du président de cette organisation au sein des instances onusiennes en 1974 reprenant les recommandations de cette réunion tout aussi mémorable. Cet exemple est destiné à nous faire mesurer toute la pauvreté d’une diplomatie algérienne domestiquée, engagée dans une guerre qui n’est pas la sienne, dirigée contre des peuples libres, des peuples qui prétendent vivre leur indépendance, assurer surtout leur souveraineté. Ne vous y trompez pas, au Mali ou en Libye, notre engagement est commandé. L’objectif  consiste certes à essayer de stabiliser pacifiquement ces états, mais exclusivement en les dotant de directions soumises, missionnées pour amener chacun de ces peuples à intégrer l’enclos des pays sous dépendance des puissances mondiales pour du coup profiter de leurs ressources naturelles, assécher leurs marchés aux pays émergents du BRICS, et en faire d’autres combattants au service d’une stratégie mondiale. A cet effet, et sur le terrain, Kurdes, Iraniens et libanais sont engagés en Irak et en Syrie. Tchadiens, nigériens, Burkinabais, Nigérians, Camerounais sont engagés en Afrique. Dans les Airs et mis à part les concernés, les seigneurs de ces guerres, les pays du Golf, le Maroc, l’Egypte qui engage même sa flotte sont aussi de la partie au Moyen Orient et récemment au Yémen, et cerise sur le gâteau, la création  d’une force arabe est envisagée.
  1. Notre économie, au même titre que notre diplomatie, au même titre que celles de l’ensemble des pays du troupeau des lutteurs contre le terrorisme, est entièrement engagée au service des intérêts des puissances occidentales. Il suffit de suivre les pérégrinations ‘‘des hommes d’affaires algériens’’, des ministres du secteur et de les comparer au 2ème pilier du foreign office US pour s’en convaincre. La lutte contre la fuite informelle des capitaux est légale et nous la soutenons, mais comment qualifier, autrement que par racket, la fuite officielle et organisée des mêmes capitaux opérée entre autres sous le couvert de l’investissement algérien à l’étranger exigé par le président français en Décembre 2012 ?  Examinons, et du reste  très grossièrement, le rachat de Fagor-Brandt par ‘‘un homme d’affaires’’ Algérien. L’entreprise fut acquise pour environs 200 millions d’euros transférés en toute probabilité par la Banque d’Algérie. Cette reprise préserve environs 1200 emplois sur 1800 en France. ‘‘L’investisseur’’ nous explique aussi qu’il va créer 7000 emplois en Algérie en rapport avec ce rachat. Pour ce faire, et du processus de fabrication de Fagor-Brandt, seule la phase ‘‘assemblage’’ et uniquement cette phase, comme pour le symbole de Renault, sera transférée en Algérie et serait la source des 7000 emplois. On ne nous dit pas que ces 7000 emplois incluent également les postes de travail de la structure chargée des importations des composants, ensembles, sous ensembles et organes des équipements domestiques à assembler. Les montants de ces factures, des millions de dollars annuellement, seront transférés en toute légalité en direction de la société mère domiciliée en France et qui produit en France. L’assemblage en Algérie est donc absolument nécessaire, obligatoire  pour juste et uniquement ouvrir le marché algérien à une firme en faillite parce qu’ayant justement perdu ses parts de marché dans le monde. Là est donc l’arnaque. Vous comprendrez que la société mère dans ces conditions fera des bénéfices et paiera ses impôts bien sûr en France. L’entrepreneur algérien aura bien sur tout à gagner dans l’affaire, mais ce grossier procédé, ne constitue en définitive que la machine nécessaire à organiser légalement des transferts de capitaux vers la France. Nous mettons au défi cet investisseur de reprendre les anciennes parts du marché européen de la firme Fagor-Brandt. Même mécanisme avec la ‘‘voiture algérienne’’ (Les composants à assembler sont achetés et donc payés) avec en prime, 49% des bénéfices de Renault Algérie réalisés eux vraiment chez nous par la vente de la voiture exclusivement sur le marché algérien seront transférés également vers l’hexagone puisque le montage financier de l’entreprise Renault Algérie chargée strictement et uniquement que du montage est de 51 /49.
  1. Que dire de la restructuration, de la réorganisation pour un nouveau façonnage de la société Algérienne à travers les nouvelles lois  sur les violences faites aux femmes, sur le divorce, l’enfance, les alcools etc…

 

  1. A en croire jeune afrique, le ministre de la défense française aurait réussi à vendre au premier ministre algérien l’entraineur en exercice de l’équipe nationale. Même le football national est sous dépendance. 

                 Notre diplomatie, notre économie, notre mode et nos habitudes ancestrales de vie, notre sport, ne nous appartiennent plus. Que nous reste t-il ? Pour rendre cependant justice à César, rappelons que le ministre français des affaires étrangères avait en juillet 2012 assuré les patrons français du secteur de l’énergie qu’ils pourraient expérimenter les techniques d’extraction du gaz de schiste en Algérie, et c’est en janvier 2013 que la nouvelle loi sur les hydrocarbures autorisant l’exploration et l’exploitation des gaz de schistes est venue enrichir la législation algérienne.  Au moment, on se souvient que le chef de l’état en exercice ne possédait que 5% du pouvoir et n’avait donc pas droit au chapitre. Evidemment, c’est le clan opposé au président (95% du pouvoir) qui avait exécuté les instructions du ministre français  Cependant, en recouvrant tous ses pouvoirs, cette loi de janvier 2013 ne fut point abrogée, mieux, elle sera même mise en application malgré toute la protestation des habitants d’Ain Salah. Pourquoi l’exploration du gaz de schiste fait-elle l’unanimité (approuvée par tous les clans ?) Le pétrole et le gaz constituent le nerf de la guerre, ils sont la source de la rente.  

                 Toujours pour rendre justice à César, l’ouverture de l’espace aérien national à l’aviation française bombardant le Mali, comme du reste le ravitaillement en carburants des troupes françaises au sol dans ce pays voisin et frère qu’est le Mali eut lieu en 2012, donc toujours au temps du collège des 95%. Peut-on quand même penser que le président en exercice aurait pu refuser de satisfaire les désirs de l’ancienne puissance coloniale sur la question ? Et du reste ses alliés stratégiques dans son retour in extrémis aux affaires ?

                 Toujours pour rendre à César ce qui lui appartient, ce n’est pas le président qui augmenta les salaires des travailleurs en 2011 mais bien le clan des 95% pour calmer la population et empêcher un printemps algérien.

                 Les deux clans sont dans le fond les deux faces d’une même pièce, et une approche systémique dans le traitement du mal algérien reste en fait, l’unique thérapie pouvant donner des résultats probants.                   

Conclusion :

                 L’ensemble des médias algériens privés, presse écrite et audiovisuelle faisaient part, pour les uns depuis 2009, 2012 pour les plus jeunes, de l’existence d’une lutte de clans au sommet du pouvoir ou de l’Etat Algérien. Mais pour leurs lecteurs, auditeurs, ou téléspectateurs, ces médias n’identifient unanimement et expressément qu’un seul clan, ‘‘le présidentiel’’. Mais contre qui luttait le clan du président ? Allez savoir.

                 Il a fallu attendre plus de trois ans, attendre le retour de l’hôpital du val de grâce du chef de l’état en septembre 2013 pour identifier du moins officiellement les managers ‘‘du coup d’état à blanc’’. Il faut peut être aussi souligner qu’en réalité, il n’y a pas eu de lutte au sommet. Dans le cas d’espèce, il n’y avait aucune confrontation, le clan présidentiel ne luttait absolument pas, il n’avait aucun moyen pour ce faire, il ne faisait en définitive que subir en attendant de recevoir le coup de grâce programmé pour la fin de la troisième législature présidentielle, sans plus. L’ampleur de l’engagement ou du parti pris des médias privés aux coté du clan invisible et sans nom se mesurait à l’atmosphère de fausse guerre qu’ils entretenaient. Qui se souvient de la ville roumaine de Timisoara et de ses faux évènements ? L’honneur, la dignité, la morale humaine, la justice, le droit, la déontologie repasseront. Pour tout dire, ceux ne sont que des loques humaines, qui ne méritent même pas notre haine.

                 S’il ne pouvait y avoir de lutte au sommet, pourquoi le clan DRS entretenait-il l’impression de l’existence d’une vraie fausse  guerre trois ans durant ? Pourquoi l’organisation de grèves (pas toutes, ils y en a qui prenaient juste le train), Pourquoi pénaliser des malades en provoquant une fausse pénurie de médicaments ? Pourquoi pousser et entretenir toutes ces protestations populaires (il y aussi celles du train) dont on veillera à ce qu’elles ne s’enflent pas outre mesure, à ce qu’elles ne débordent pas ? Pourquoi cette mobilisation outrancière d’une partie de la presse privée ? Pourquoi la création de toutes ces chaines de télévisions qui associées à la presse nous faisaient croire à une véritable et rude guerre des clans ? Pourquoi cette restructuration de façade de l’opposition pour une réorganisation en pôles ? Pourquoi tous ces efforts et cette ouverture en direction du FIS ? Pourquoi cette ouverture des nouveaux médias en direction des leaders du FIS ? Et cette place du FIS au sein de l’opposition politique ? Quelle fut donc par ailleurs le coût de cette gigantesque mise en scène ? En fait, la raison est toute simple. Il s’agissait tout simplement de fédérer toute l’opposition et de montrer que celle-ci toute tendance confondue s’associait pour demander le départ du chef de l’état. Les grèves, les protestations montraient que la société algérienne en générale s’associait à l’opposition, se solidarisait avec l’opposition dans son unique objectif de faire partir le président. Les médias avaient un rôle stratégique, celui absolument nécessaires de véhiculer et d’amplifier un ras le bol général  préfabriqué pour et, là le bat ne blesse pas il tue, convaincre les occidentaux de retirer leur appui et permettre la destitution du président de la république. Tout ceci pour cela. Retourner donc la France, les USA et autres européens, les convaincre de changer de camp, et dans ce cadre, en parallèle, on permettait l’exploration et exploitation du gaz de schiste (loi de janvier 2013), l’ouverture de l’espace aérien algérien à l’aviation militaire, la création de Renault Algérie etc…

                 Parce que le marché proposé ne valait pas la chandelle (les putschistes n’avaient pas compris que l’informel politico-économique, cet air qu’ils respiraient et dans lequel ils vivaient, portait en lui, dans l’esprit des occidentaux les graines d’une véritable explosion populaire déstabilisatrice) la France, les USA etc lui tournèrent le dos. Nous connaissons la suite. 

                 Aujourd’hui par contre, la confrontation  existe réellement. Elle a commencé en gros le début du mois de mai 2013 et semble se poursuivre mais cette fois à l’avantage du président en exercice fort de ses deux appuis qui sont l’armée et les pays occidentaux.

                 Il faut aussi préciser que la crise du pouvoir en Algérie, fruit de la convoitise de la rente, ne mettra jamais en scène la rue. C’est à peine et juste une menace, rien qu’une menace. Embrayée (la rue), tout le système y laissera des plumes, la rente comprise, les clans et leurs alliés ne s’y risqueront pas. Parier pour ce faire sur l’opposition, l’opposition connue, l’opposition officielle, (clan putschiste de 1992 à 2013) et la fausse société civile, tous bien en guerre actuellement, c’est absolument parier sur le mauvais cheval, parole d’un Algérien né, grandi, en train de vieillir dans la nuit.

DJEDDOU Mayara.

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