La problématique de la mise à mort de l’Algérie Histoire de comprendre ( 3 )

Les retombées de la remise en ordre pyramidal :

Si nous étions restés dubitatif devant le constat de ‘‘la théorie des 5% du pouvoir’’, nous étions surtout au moment, et toute supputation mise à part, sans aucune idée, du moins formelle et officielle, sur le lieu réel de migration des 95% du pouvoir restant. Ce qui suit est à plus d’un titre enrichissant. Il faut peut être rappeler que le 21 mai 2013, la première visite du premier ministre algérien et du chef d’état major des armées aux invalides n’était pas destinée uniquement que pour la consommation, à montrer aux algériens des images du chef de l’état bien vivant et en convalescence comme semblait le croire la presse au moment. Il semble plutôt clair que les visiteurs du 21 mai étaient principalement au rapport, thèse crédibilisée notamment par la présence du militaire à l’entrevue, d’ou également l’intervention en initié du chef de l’état Français quelques jours après (31 mai).

Et le président de la république rentra. Une semaine à peine lui a suffit pour juste donc rendre public et officialiser en ce mois de juillet 2013 le départ en retraite du colonel Faouzi du DRS surnommé le rédacteur en chef ou le chef d’orchestre de l’ensemble de l’espace médiatique algérien. Le colonel était donné comme le concepteur ou du moins le responsable de par sa fonction, de toutes les partitions médiatique exécutées contre le clan présidentiel, depuis le début des hostilités, principalement depuis le second semestre 2009, jusqu’à son éviction. Il a fallu par contre attendre le 29 aout (pour des raisons sans doute de préparation des coulisses, opération nécessaire à la bonne exécution du show) pour voir nommé à la tête du FLN un secrétaire général, et permettre ainsi au parti de s’extirper du long sommeil politique dans lequel il était confiné.

Désormais, l’opposition ne roulait plus, quasiment seule, sur un seul sens dans le champ politique. La circulation venait d’être ouverte dans les deux sens et Le FLN prit le sien, totalement à contre sens de l’opposition, venant ce faisant animer fortement le trafic. A la mi septembre 2013, au moins trois généraux et pas des moindres, responsables des principaux services formant la structure du DRS furent sommés de faire valoir leurs droits auprès de la caisse de retraite. Ils n’étaient pas les seuls selon la presse, un certain nombre d’autres officiers reçurent le même traitement (certaines sources avancent le chiffre de quelques dizaines). Une restructuration ou réorganisation du DRS fut également mise en œuvre. Les antagonistes de cette lutte au sommet, responsables de tant de gâchis, de tant de déchets, du malheur de l’Algérie et de son peuple sont donc clairement identifiés par les faits. Adversaires, les deux clans (alliés compris) restent cependant viscéralement attachés à un système déclassé qui s’appui, d’abord pour être, durer ensuite, sur la force, la terreur et la destruction. Un système qui anesthésie le savoir, la compétence, l’engagement, l’initiative et par-dessus tout les libertés, pour impunément confectionner ses faux rois. Les coups d’état, seule possibilité de changement au sein de ces systèmes, restent un phénomène atypique, mais certainement récurrent.

Le débat de fond Le dégel du FLN fut, le moins que l’on puisse dire, fort bruyant. Le secrétaire général du parti, à l’agence de presse Reuters en octobre et un peu plus tard à TSA (journal électronique), fut absolument tonitruant. C’est en définitive, le début de la grande contre offensive politique du clan présidentiel. Aux médias sus cités, dans un langage très cru, le FLN à travers son secrétaire général prit pour cible et désigna nommément l’autre clan, l’invisible, celui dont on ne constate que les coups, donnés rarement à la régulière, en proie au moment à un réajustement organique sur le plan structurel et humain, il nomma le DRS. Il s’attaqua aux prérogatives envahissantes, de surcroit illégales de ce corps et cibla le directeur de l’institution, l’homme dont la simple prononciation du nom ne remplissait pas de joie, ne forçait pas le respect, n’excitait pas la fierté mais bien au contraire faisait trembler d’effroi malheureusement le plus intègre des Algériens. Ange ou démon ? Allez savoir puisque d’autres chantaient sa maturité, sa sagesse politique etc…

Le chef de l’appareil du FLN eut à se plaindre des colonels du DRS qui essaimaient toutes les institutions étatiques, les entreprises, les espaces publics et privés etc… Il dénonça également les écoutes téléphoniques généralisées et les enquêtes d’habilitation, bref, tous les artifices et ressorts qui permettaient la prise en otage de l’ensemble de la société algérienne et sa mise sous tutelle, organisant ce faisant sa déchéance, la perte de ses valeurs, et une médiocrité effective induite, imposée à toute la nation. Le secrétaire général du FLN remplissait totalement l’espace politique national et proposait finalement un débat de fond, le véritable débat sur l’avenir de l’Algérie, ‘‘Un débat sur la composante et le fonctionnement du système de gouvernance en Algérie’’.

Cette gouvernance qui plus qu’elle ne dilapide nos richesses nationales, au delà de toute cette corruption éminemment structurelle, inhérente à l’organisation et fonctionnement du système et ses institutions administratives, bancaires, douanières, fiscales etc… cette gouvernance nous oppresse, nous stresse, ne se contente plus de nous médiocriser, nous agresser, nous abaisser, nous humilier, elle nous colonise purement et simplement par sa main mise et sa privatisation de l’ensemble des structures et articulations de l’état. L’opposition en général était à l’étroit. Ses élites et ceux de la ‘‘nation’’ esquivaient honteusement le débat proposé par le FLN. Dans les coulisses, et pour justifier leur retrait d’un débat éventuellement salvateur pour le pays, la fausse élite et ses faux intellectuels distillaient ce venin classique qu’est la manipulation du débat par le clan présidentiel. Manipulation ou quand bien même une vengeance orchestrée, ne fallait-il pas s’engouffrer dans la brèche et aider par des prises de positions courageuses à assainir le champ politique en le nettoyant d’un système menant indéniablement à terme l’Algérie et son peuple à l’autel du sacrifice suprême ? A la mise à mort ? Le démantèlement de ce système de gouvernance constitue un préalable absolument indispensable avant toute thérapie, ou initiative quelconque de reconstruction d’un pays malade.

Disserter de la démocratisation de l’Algérie et des libertés à l’intérieur d’une perversion organique établie équivaut tout simplement à chanter des berceuses aux Algériens pour les endormir encore et pour longtemps. L’absence de réactivité de la classe politique principalement et de la société civile à ce niveau pourrait être de trois ordres :

1- La peur du retour de manivelle ? A ce niveau, il n’est absolument plus du tout question de peur, c’est plutôt l’effroi, la terreur même. Si tel serait le cas, c’est pratiquement le défilé, la présentation à ciel ouvert du symptôme majeur de la déchéance humaine des acteurs politiques algériens, en d’autres termes de l’élite ou de la fausse élite algérienne c’est selon.

2- L’imperceptibilité de la profondeur de l’offre présentée par le secrétaire général du FLN (et ses sponsors) à travers la dimension du débat proposée ? Dans ce cas de figure aussi, cette absence de discernement déclasse totalement l’opposition politique et ses relais et dévoile son inaptitude chronique à gouverner.

3- Le refus responsable du débat par duplicité systémique ? D’où peut être cette fuite devant l’offensive du FLN et l’obsession à orienter le débat sur l’élection présidentielle, transformant ce faisant la problématique algérienne de fond, une crise systémique tout ce qu’il y a de plus réelle en une simple crise de pouvoir. Absolument lamentable pour ne pas dire criminel. La presse, du moins certains titres, vinrent encore une fois, complètement à découvert dans le traitement de cette affaire. Le secrétaire du FLN eut à essuyer une campagne médiatique assassine. Tout son passé fut ressassé, fouillé de fond en comble, certains s’attaquant jusqu’à sa dignité. Les détenteurs des sales dossiers lui en trouvèrent dans leurs vieilles archives, des sur mesures pour lui et sa famille. Ils en servirent la presse locale et d’outre mer qui à l’unisson en fit ses choux gras. En un mot, il fut littéralement jeté aux chiens comme disait feu Mitterrand lors de l’oraison funèbre prononcée à l’enterrement de l’un de ses premiers ministres qui venait de se suicider. Le SG du FLN est cependant un homme mentalement blindé par nature. Imperturbable, il continuait et continue à bien faire ce qu’il devait, ce qu’il doit faire. Par ailleurs, il appartient à la justice de faire la lumière sur les faits qui lui sont reprochés.

Les faits montrent, que l’opposition, à tord ou a raison, en connaissance de cause ou inconsciemment a choisi son parti, son clan, au même titre qu’une partie de la presse du reste. De l’autre coté, bien loin, sur l’autre rive, le FLN, le RND et quelques autres soutiennent le président qui pour faire chuter de puissants généraux et faire plier la structure DRS, a bénéficié de l’appui de l’arme absolue dans ce genre de conflit, la confiance et l’appui des militaires, de l’institution militaire. Une armée légaliste ? Plaise à Dieu. Et le peuple dans ces luttes au sommet ? Abandonné par la démission ou la complicité de l’élite il patauge dans le noir. Il y est habitué, toute la jeunesse y est née. Un jour peut être, à l’intérieur de ces ténèbres une bougie. Cela sera alors son heure. Les clans et leurs alliés n’y trouveront certainement aucune grâce.

DJEDDOU Mayara.

Français

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain afin d'éviter les soumissions automatisées spam.
4 + 6 =
Solve this simple math problem and enter the result. E.g. for 1+3, enter 4.