La sortie de crise en Algérie

Le général égyptien Sissi aurait-il renversé le Président élu de son pays sans l’aval ou les instructions et le soutien de ceux qui avec suffisance agissent comme étant les maitres du monde ? Comment aurait évolué le conflit irakien sans l’intervention directe des tyrans du monde et de leurs valets ? Comment aurait évolué le conflit syrien sans les frappes aériennes de ces mêmes états voyous du monde ? Quelle serait l’issue du conflit libyen sans l’apparition subite de ce général vaincu et fait honteusement prisonnier par l’armée tchadienne lorsqu’il servait si fidèlement Kadhafi ?

Sous quelle autorité aurait été aujourd’hui le Mali sans l’intervention des troupes d’un sous traitant du tyran ? Quel avenir pour le président ivoirien en exercice sans l’intervention militaire du même sous traitant ? Que serait la Centre Afrique sans le putsch des soumis et les troupes des oppresseurs ?

Et l’Afghanistan, la Somali, le Soudan, et, et… Combien de morts ? De mutilés ? De veuves ? D’orphelins ? On reconnait aisément à travers ces actes l’empreinte profonde de la grande civilisation occidentale. Ce qui précède est loin d’être exhaustif mais suffit à démontrer que la mondialisation ne traite pas uniquement des questions économiques, elle embarque également par induction la chose politique, partant que ces deux aspects ne constituent que les deux faces d’une même pièce. Il apparait ainsi que les tyrans du monde façonnent à leur guise les régimes politiques, notamment les plus illégitimes d’entre eux et forcément les plus faibles imprimant aux peuples libres les formes les plus vils de la soumission et de l’avilissement.

Au nom de la communauté internationale (vous connaissez ?), de la lutte antiterroriste et de la grande démocratie, ces puissants font et défont les régimes politiques détruisant toute volonté et velléité de liberté des hommes les plus tenaces. Ou donc rencontrer le droit international et ou peut on croiser cette charte sensée octroyer aux peuples le droit à disposer d’eux-mêmes ? Et ainsi, à tord ou à raison, craignant une déstabilisation à grande échelle de son pays par les maitres supposés, un leader politique aux chances de succès avérées à la présidentielle de son pays, à refusé la compétition. Grandeur ou décadence ? Vision profonde ou lâcheté ? L’histoire tranchera.

Entre temps, dans les salons pédants des valets, les pensionnaires et les tartuffes de la politique, installés sur les fauteuils du dirigisme par procuration élèvent cette œuvre de grande destruction des peuples au rang de géostratégie des maitres. A l’inverse, dans les rues, tous ceux qui vivent l’immense frustration que procure l’impuissance, ces messieurs tout le monde des pays meurtris, qualifient en juste connaissance de l’histoire du monde, d’absolument médiéval l’approche de ces tyrans du monde. Mise en œuvre hier par l’épée, elle l’est aujourd’hui à l’aide des drones meurtriers. Dans un grand élan d’espoir, on avait pu un moment espérer que le BRICS réellement uni pouvait, pour son propre intérêt d’abord, peut être même pour sa survie, constituer à terme un contrepoids à la tyrannie. On s’impatientait de voir ce groupe s’opposer à l’offensive des conquérants et imposer un équilibre des forces militaro-économiques pour une véritable paix et stabilité dans le monde, en vain.

A travers les sanctions économiques, tout comme du reste ce remake en cours de la baisse du prix du pétrole opérée contre l’URSS en 1986, le Président russe à bien perçu qu’il constituait le gibier d’une partie de chasse dirigée par les maitres. Le Poutine est pourtant tout à fait conscient que derrière les sanctions économiques imposées à son pays, l’appui médiatique occidental à son opposition politique, la chute drastique du prix du pétrole, un hiver sibérien destiné à emporter sa tête est en incubation en Russie. Pour autant, l’homme subit sans broncher, sans réagir.

La Chine, pas très loin de ces contrées, donne l’impression de profiter et de jouir dans la béatitude de la baisse des prix de l’énergie fossile. Elle feint, ou fait semblant d’ignorer que le remplacement de Poutine par un Karzai bien sur autochtone, ouvrirait à terme la route de la soie aux nouveaux Marco Polo des temps modernes. La Chine, ce géant légendaire, reste pourtant curieusement assis. Dans ces conditions, enfin devant ce qui s’apparente à une capitulation des grandes puissances du BRICS, la résistance à cette domination de la raison de la force est elle possible ?

Il serait peut être pertinent de poser la question aux dirigeants du Zimbabwe, du Venezuela, ou même de la Bolivie par exemple parce qu’ils résistent. Lorsque l’armée, le peuple et les dirigeants politiques font corps, un pays pourrait-il succomber aux pressions et sanctions de toutes sortes ? Il faudrait peut être, poser aussi la question aux Cubains et pourquoi pas et même surtout aux Iraniens ? Est-ce là du reste la nature du consensus hamrouchien puisque il parlait de l’armée et non à l’armée ? La nuance est de taille. En parlant à l’armée, comme semble peut être le faire la CNLTD, il l’aurait à travers ses propos tout simplement invité à l’action pour une solution du type révolution portugaise ou grecque dans le meilleur des cas, ou peut être dans le plus mauvais à une action de type algérien genre celle du 11 janvier 1992 ? Allez savoir.

Cependant, et en admettant que l’homme parlait de l’armée et l’invitait se faisant à faire corps avec son peuple, il ne fourni pour autant aucune notice d’utilisation ? Selon quelle procédure et schémas avancer ? Quelle méthodologie à même de lui en assurer le succès ? Comment combler réellement ce gigantesque fossé qui existe entre gouvernants et gouvernés en Algérie pour simplement jeter les bases essentielles et primaires à ce deal, à ce consensus de corps du triumvirat : Peuple, Pouvoir politique et armée ?

Un haut responsable américain affirmait, il y a moins de deux ans, qu’il était impossible pour son pays de permettre l’instauration d’une démocratie en Egypte, et donc implicitement dans tout pays musulmans, justifiant ainsi l’exercice de la politique des massacres de masse en cours, principalement dans ces pays, pour contrer la renaissance de leurs peuples. Ce faisant, il signifiait non moins solennellement aux peuples musulmans qu’ils ne pouvaient donc être dirigés que par des dictatures habilitées que sont pays aurait accrédités.

La démocratie n’étant pas permise à l’Egypte, elle l’est encore moins à l’Algérie, faisant que la démarche du FFS ne pourrait tenir la route. En effet, cette approche qui semble dans le fond reprendre ce que l’on a nommé ‘‘le consensus hamrouchien’’, ne peut pouvoir prétendre réunir opposition, état et état profond autour d’une table pour discuter sur les formes et le fond d’un hypothétique consensus que le grand tyran américain rejette. Ce consensus sera forcément refusé par tout pouvoir accrédité et pour cause, en admettant que nous avons bien compris le raisonnement du responsable yankee.

D’un autre côté, la CNLTD semble être plutôt calée à l’intérieure d’un combat entre clans au sein du pouvoir et renvoie donc au statu quo. Il ne peut en être autrement puisque les deux clans en guerre ne constituent en fait que deux sous traitants du même grossiste. Le clan victorieux remplacerait tout simplement le clan défait à la tête du même système, qui continuerait à fonctionner à l’ancienne, c’est-à-dire soumission au maitre tyran pour une dictature du peuple avec en prime le bazar et l’informel érigé en stratégie de croissance économique et épanouissement social. En somme, l’enfer terrestre pour la mise à mort réelle du pays Algérie.

Pour des raisons de transparences, mais aussi de changement de stratégie dans sa communication, le Front Islamique du Salut à tenu à rendre publique le document de sortie de crise remis au FFS. Le Cheikh Ali BENHADJ l’a toujours répété. La proposition pour une sortie de crise du FIS est totalement indépendante, et sort du champ de bataille des clans. Pour preuve, le document n’est qu’une synthèse de l’offre de sortie de crise élaborée en 1995 dans la villa des deux moulins lors des négociations entre les chouyoukhs Abassi, Benhadj, Hachani, Boukhemkhem, Djeddi, Abdelkader, Guemazi et le pouvoir, représenté à l’époque par le général Betchine accompagné du rapporteur monsieur Ahmed Ouyahia qui entre temps à fait beaucoup de chemin en attendant éventuellement de rencontrer son destin.

Dans cette plateforme de sortie de crise, tout s’articule autour de la légitimité des hommes et des institutions, et donc fondamentalement, cette approche du FIS ne peut être plus viable que celle du FFS partant que les maitres tyrans du monde rejettent toute idée de souveraineté dans le monde arabe et musulman. La chance de construire la légitimité du pouvoir en Algérie a peut être été ratée lamentablement en 1995, moment ou l’opposition d’aujourd’hui qualifiait hier d’agents à la solde de la CIA, ces grands patriotes algériens tels que Yahia Abdennour pour ne citer que lui, réunis à Saint Egidio. N’est ce pas monsieur D…. ? Aujourd’hui, autrement dit vingt ans plus tard, la solution à la problématique algérienne semble être moins une question de volonté que de faisabilité.

Comment faire justement ? Serait-il impossible d’instaurer une légitimité du Pouvoir en Algérie et dans le monde musulman ? Comment dépasser le véto des maitres tyrans ? Reste-il des choix?

Un ancien ministre de l’information me disait il y a moins d’un mois qu’il faudrait travailler en direction de la base. En réalité, à l’intérieur d’un terrain politique totalement fermé, comme en Egypte, en Tunisie, en Syrie et sans même la travailler, l’arbitrage reviendra un jour, forcément à la rue. Par la force des choses, les Algériens finiront par trancher.

JEDDOU Mayara

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