Les clans et les manipulations

Si elle ne fut précédée deux mois durant par une campagne médiatique très ferme et très soutenue, (Presse écrite et télévisions privées qui embrayaient sur des spéculations et notamment l’absence physique du Président de la scène politique et de son incapacité à gouverner le pays) appuyée par ailleurs par l’action simultanée d’une opposition politique qui exigeait pour les uns l’intervention de l’armée (Un bis répétita du11 janvier 1992)  et l’application de l’article 88 de la constitution pour les autres afin de forcer le Président à démissionner, nous nous serions suffit de l’analyse du Cheikh Ali Benhadj dans son intervention du 17 octobre au niveau de la mosquée EL OUAFA BIL AAHD très bien documentée et très complète du reste sur l’insurrection des policiers des Unités Républicaines de Sécurité.

En effet, les aspects ; social, humain et juridique de la question furent traités, et comme à son habitude, d’une manière exhaustive par le Cheikh Ali Benhadj qui cependant par faute de temps avait simplement introduit l’aspect politique qui entourait le ‘‘Coup de gueule’’  des policiers mais sans pouvoir pour autant donner les détails d’une grosse manipulation destinée uniquement à faire valoir semble t-il le pouvoir de nuisance d’une nomenklatura politico affairiste qui estime être travaillée au corps et dont les coups de plus en plus dure qui l’affectent finiront sinon par l’emporter auront pour effet au moins de l’affaiblir considérablement, ce qui serait dans l’absolu osons le dire, une avancée pour le peuple algérien.

Dans les faits, l’Algérie fut de tout temps gouvernée par la carotte et le bâton mais aussi par toutes sortes de manipulations et infiltrations des masses et institutions et dont les objectifs inavoués furent toujours la tricherie, la tromperie, la désorientation et la désinformation de l’opinion publique nationale et internationale. En appui sur une presse tout ce qu’il y a de plus dévouée mais de plus vile, les Pouvoirs qui se sont succédés, illégitimes dans le sens démocratique du terme, ont de tout temps abusé de manœuvres dilatoires, diverses et variées pour justifier les actions de leur gouvernance. Les grandes manipulations populaires eurent donc toujours pour effet d’être suivies de décisions politiques par moment majeures pour l’histoire du pays. Dans ce registre, il n’y a pas lieu de rappeler, pour tellement évidentes qu’elles soient, les orientations décidées à la suite ‘‘des évènements d’octobre 1988’’ par exemple, ou les changements spectaculaires et stratégiques imprimés à la politique économique du pays opérée en 1982 (L’abandon des réformes agraire et industrielle,  la destruction du tissus commercial des grandes entreprises publiques et des grandes surfaces, l’abandon de l’austérité et la mise en œuvre d’une politique monétaire dispendieuse qui s’est avérée  par la suite catastrophique pour le pays, etc…).

Mais souvent, et comme dans le cas d’espèce, celui de la ‘‘révolte policière’’, les manipulations sont souvent le fruit de luttes fratricides entre les clans qui en finalité ne se disputent pas plus que le leadership avilissant de la sous traitance d’un Pouvoir exercé par et pour le compte des grandes puissances occidentales et de leurs multinationales. Se suffisant sur le coté politique du masque du Pouvoir, abandonnant de fait toute souveraineté nationale tout en fêtant par ailleurs et en grandes pompes les anniversaires du déclenchement de la révolution de novembre, heureux comme des mômes de la visite d’un représentant des maitres, fort comblé de leur réussite et de celle de leur famille sur le plan purement matériel eu égard aux  maigres avantages humiliants et avilissants que procure les bassesses de la soumission et les miettes de la corruption, ces clans organisent et concrétisent  la misère de leur peuple et l’esclavage des générations futures de leur population. A titre d’exemple et dans le chapitre des manipulations antagoniques citons celle, exprimant un règlement de compte, qui a jeté sur la place des martyrs à Alger le 22 mars 1993 les familles accablées des victimes du terrorisme et dont la manifestation émouvante du reste, eut pour effet de voir le général Nezzar débarqué de son poste de ministre de la défense avant de rejoindre quelques mois plus tard la vie civile.

Pour autant, la tentative d’enrayer un nouveau mandat pour le Président en exercice fut autrement plus incisive et eu à employer des moyens autrement plus influents et pernicieux. L’opération (une tentative de coup d’état à ‘‘l’algérienne’’) s’est étalée sur près de quatre ans et ou tous les subterfuges de la manipulation furent mis en action pour empêcher un quatrième mandat de Bouteflika. Les tentacules invertébrées de la pieuvre épousaient tous les contours et les aspérités du relief politique, économique et social. Ses grosses ventouses immobilisèrent le pays. Nul ne put échapper à la neutralisation sous l’action dirigée des dossiers de corruption, des déstabilisations organiques des partis et des institutions, d’une presse multimédia privée, absolument déchainée, et ou l’article 88 de la constitution ne devait constituer que le coup de grâce apporté à la bête. Mais en vain. Bouteflika est aujourd’hui  toujours aux commandes malgré toute la puissance de feu utilisée. Les appuis du Président sont donc solides, même très solides compte tenu que l’homme déjà malade et au sommet de la manifestation des symptômes d’un AVC probablement dû au stress d’une bataille gagnée uniquement par ses soutiens, mais qui fut tout de même, et le moins que l’on puisse dire, âpre,  hargneuse, dure, sans pitié, et à tous les égards éprouvante.

Défaits, les adversaires du Président semblent pourtant être revenus à la charge mais sans aucune innovation. Toujours les mêmes procédés usités jusqu’à la corde, en appui sur les mêmes médias qui ont perdu toute crédibilité, devenus simplement pour les observateurs le prisme à travers lequel ils prennent la température des antagonismes internes du système. La manifestation de la police, une première certes de ce corps reste cependant une manifestation vite versée au registre du social mais qui va cependant permettre au clan présidentiel d’opérer un toilettage interne de l’institution. Espérer de cette manière faire abdiquer le Président après avoir échoué dans des conditions autrement plus favorables serait tout simplement débile. Intégrant ces données, les initiés estiment par contre, que toute cette gesticulation n’est qu’une simple demande d’armistice ainsi formulée dans le code d’honneur de ce milieu après les coups de boutoir apportés par les touches du Président sur la justice et sa haute cour, sur les restructurations apportées à l’institution de la présidence et de la défense, au retrait des colonels du DRS, à en croire la presse, de l’ensemble des institutions étatiques et économiques du pays, du retrait des griffes du DRS la fonction des écoute téléphoniques des citoyens algériens etc…

Si réellement, toute la dépense d’énergie des médias, l’action illégale de la police et les menaces du corps des pompiers ou de la douane d’en faire autant ne constituent qu’une simple demande de paix, le premier ministre en exercice et à partir de Bordj Badji Mokhtar y a opposé un niet catégorique, exigeant que cessent les ‘‘manipulations’’,  affirmant, probablement en direction du clan adverse que ‘‘le programme du Président se poursuivra quel qu’en soit le prix à payer’’. Pour ce faire, les moyens de la politique du gouvernement existent, le chef du gouvernement les martèlent avec même le sourire ‘‘nous avons une armée forte’’. Décrypté, le message signifie : il vous faut, rendre les armes, et sans conditions. Bénéficieront-ils ensuite de la politique de réconciliation nationale. Cela promet.

Dans un contexte insurrectionnel généralisé et déstabilisant en cours dans la maison Algérie, certains observateurs, loin de penser à une demande de paix, pensent plutôt que l’action de la police est un acte de guerre mettant en avant la déclaration faite par un général à la retraite juste avant les élections présidentielles du 17 avril dernier, à travers deux quotidiens nationaux aux couleurs bien définis, de l’existence d’un programme de mise en œuvre d’une transition démocratique  ‘‘en cas d’un passage en force pour un quatrième mandat’’.  Sommes-nous en train de vivre ce scénario? Cela promet, et apparemment dans tous les cas de figure.

El Fassi

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