L’ELECTION PRESIDENTIELLE ALGERIENNE ET SES GRANDS ELECTEURS

 Fouad Delici

Sous le thème central de ‘‘la stabilité de l’Algérie’’ les représentants du Président sortant martèlent à longueur de meeting que seul leur candidat est à même d’assurer la stabilité du pays. Entendons par stabilité, la docilité et la mise au pas de l’ensemble des institutions de la république, de toute la population tous courants politiques, idéologiques et sociaux confondus, afin de permettre ce faisant la traite en toute quiétude de la grosse mamelle de la vache Algérie par les entreprises européennes en général et françaises en particulier. Adossé à la feuille de route américaine dictée par l’ex secrétaire au foreign office madame Hilary Clinton et résumée dans une analogie au fameux tabouret à trois pieds (Réformes politiques, économiques et rajeunissement de l’encadrement) dont il ne nous semble pas utile de revenir en détail sur la teneur, le programme du candidat Bouteflika n’est nullement à l’ordre du jour dans cette campagne, se suffisant aux généralités.

Pour autant, monsieur Benflis, deuxième candidat à cette étrange élection présidentielle fait quant à lui dans la surenchère économique. Dans ce volet de son programme, il balaie d’un revers de main la condition des 51/49 imposée à toute association entre une entreprise algérienne et étrangère à l’exception du secteur stratégique (qui reste à définir) et cerise sur le gâteau offre en prime une réduction des impôts pour un transfert autrement plus important du bénéfice.  Monsieur Benflis propose également de réformer la banque d’Algérie pour permettre ‘‘aux investisseurs privés algériens’’ de convertir au taux officiel leur capital amassé dans l’informel et la spéculation et le transférer en toute légalité vers l’étranger en vue de racheter les entreprises européennes en dépôt de bilan, françaises de surcroit et sauver ainsi des milliers d’emplois dans le vieux continent, (la demande de monsieur Hollande lors de sa visite dans notre pays en décembre 2012 est ainsi prise en compte). Ce même candidat promet également de mettre en œuvre un Fond National Souverain dont il ne spécifie pas le montant mais dont il tient à préciser que 80% de la cagnotte du Fond seront placés dans les marchés financiers et bons du trésor occidentaux. Il serait en fait trop long de répertorier l’ensemble des factices de ce volet et nous renvoyons le lecteur au programme du candidat pour en saisir la démesure et l’hémorragie programmée des ressources financières du pays.

Ce programme ne peut raisonnablement être l’œuvre d’économistes algériens et ne peut en aucun cas prétendre constituer une thérapie à la crise algérienne. Le déguisement politique recouvrant le chapitre économique de ce programme est manifeste et vient outrageusement surenchérir sur la demande de madame Clinton en multipliant les concessions. C’est à qui saignerait le plus les richesses nationales pour s’attirer les faveurs occidentales et se voir confier les clefs de la Présidence Algérienne.

Sur le thème de la stabilité, thème névralgique de cette campagne, monsieur Benflis abandonne l’action à des soutiens qui s’ignorent pour nombre d’entre eux et sujet pour d’autres à une manipulation qui pue à mille lieu à la ronde (partis politiques en tête et associations nouvelles de toutes sortes) laissant cependant la ligne de feu à des généraux à la retraite dont au moins l’un affirme parler aux noms de ses frères d’armes.

Se pourrait-il que l’armée serait du coté de Benflis ? Contrairement à ce qui se dit sur la voie publique et suggéré par les médias la question mérite en effet d’être posée. Nul ne peut l’affirmer mais tout porte à le croire estime un observateur de la scène politique algérienne. Notre observateur croie aussi savoir que toute la campagne du président sortant est confiée à quelques personnalités proches du DRS dont les bourdes ou dérives ne seraient pas tout à fait innocentes et fonctionneraient intentionnellement à contre courant des missions officiellement assignées.

Dans une stratégie savamment orchestrée avec pour objectif de battre en brèche la stabilité claironnée par le Président sortant, les antis Bouteflika menacent d’ouvrir les hostilités après le rendez vous du 17 avril et bien entendu uniquement si le candidat Bouteflika est déclaré vainqueur et chargé d’un nouveau mandat ajoute notre interlocuteur. A ce sujet, le général Benhadid conclue sa diatribe sur sa transition en affirmant : << Précisons enfin que la mise en œuvre de cette transition interviendrait après le 17 avril et dans le cas d’un passage en force du 4ème mandat>> Ces paroles qui semblent viser les grands électeurs s’apparentent à tord ou à raison à une menace annonçant une déstabilisation programmée du pays à partir du 18 avril, mais si, et seulement si, le Président sortant est déclaré vainqueur de cette farce. Coïncidence ou préméditation, toujours est il que la déclaration de l’ex général est tombée le jour de l’arrivée du nouveau secrétaire d’état au foreign office U.S, au même titre du reste que celle du non moins ex général Yala et précédent d’un jour celle du médecin et tout aussi ex général à la retraite  tendant ainsi à confirmer l’adresse des destinataires du message, de la connotation de sa teneur et accentuant foncièrement le doute de l’orchestration. La transition de l’ex général nous informe qu’il ne peut y avoir de stabilité en dehors de celle imposée par l’armée qui ne peut ajoute notre interlocuteur qu’être le fruit du dictat de la force, ignorant ou feignant de l’être que la légitimité, le droit, les libertés, l’égalité, la prospérité procurent à l’instar de l’occident la stabilité réelle, durable et librement établie.

En somme, tout est fait pour influer sur la décision de ces grands électeurs du monde, et tenter de retourner le choix de ceux qui sont appelés à réellement désigner le Président algérien dont l’urne de la transparence du Pouvoir en toute docilité ne fera que consacrer. Nous sommes très malheureusement dans cette situation, avec un pays, un peuple, une révolution, des ressources, mais aussi avec une fausse indépendance, une fausse légitimité, une fausse souveraineté, un faux Pouvoir, une fausse presse, de faux intellectuels, une fausse économie, une fausse administration, le tout complètement noyé dans une véritable dictature exercée en définitive elle aussi par procuration et pleurer n’apportera rien.

Parce qu’il y aurait des grands électeurs en Algérie ? Tout à fait soutient notre interlocuteur mais pas exactement à l’instar des Etats Unis d’Amériques quand même. Ils sont plutôt identiques, pratiquement les mêmes que ceux qui votent réellement en Afghanistan, en Irak, en Egypte, en Lybie, au Mali, en Centre Afrique, en Côte d’Ivoire etc…  L’Algérie possèderait donc ses grands électeurs, et dans ce cadre, l’ensemble du corps électoral algérien tout autant que le reste des autres candidats ne constituent que le décor de cette vrai fausse élection. Dans la tristesse de cette grande supercherie médiatique et financière le peuple algérien est convoqué parce qu’il est fondamentalement nécessaire et simplement utile pour en constituer l’emballage, le carton de luxe d’une scandaleuse opération de légitimation formelle d’une mascarade qui fera certainement date dans l’histoire. Il est donc patent poursuit notre observateur que seuls les grands électeurs ont le droit de voter pour désigner le future Président de la République Algérienne.

Mais qui sont ces grands électeurs ? Tout simplement ceux qui sont la véritable sollicitation et l’objet de tous les commentaires de cette campagne. La même source affirme qu’ils sont principalement au nombre de deux. Les USA et la France, représentante dans le cas de figure de l’Europe, voteront sans pour autant se déplacer aux urnes. Utilisant les réseaux dont ils sont les maitres incontestés, ils désigneront à distance,  le vainqueur et la fraude locale fera le reste. Notre source insistait pour nous renvoyer à une déclaration d’un colonel du DRS à la retraite faite au quotidien Liberté et qui estimait en substance que seule la mort ou un véto, clairement exprimé, de la France et des Etats Unis empêcherait Bouteflika ‘‘d’être élu’’.

Il n’y aurait donc pas d’Algériens faiseurs de rois avons-nous osé ? Posez donc la question à ce colonel à la retraite qui semble le penser, ou voudrait à la limite que nous le pensions. L’armée est donc faussement accusée dans cette affaire et les grands électeurs y sont nommément désignés. Compétents pour destituer les rois, ils le sont donc tout autant pour en nommer les successeurs.

Ceci étant, la feuille de route de madame Clinton source du programme du candidat Bouteflika ou la même feuille mais démentiellement surenchérie de Benflis ont besoin pour être exécutées de cette abjecte et fausse stabilité que nous avions définis plus haut. Mais les grands électeurs, pas très sensible aux menaces et méthodes foncièrement manipulatrices d’un autre âge apprécieront la situation à partir d’une grille de lecture issue de leurs propres réseaux,  et vont certainement privilégier le candidat le plus apte à les servir. Il est donc évident que cette élection ou ce grand malheur pour l’Algérie va consacrer la personnalité la plus totalement soumise, la plus fidèle, ayant la plus grande capacité à servir la dictature mondiale.

En conclusion, nous pouvons affirmer que si nous serons absents le 17 avril, nous le serons tout autant le 18 du même mois pour nous éloigner de la main mise et de la manipulation de ceux qui ont conduit l’Algérie dans ce ténébreux tunnel sans fond, mais nous seront toujours en soutien et aux cotés du peuple lorsque ses enfants prendront l’ initiative d’une grande action pacifique, rassembleuse et constructive, nous seront entièrement et pleinement engagés dans la construction d’une véritable transition politique au lieu et place d’une présidentielle de dupes ou le faux, la tartufferie entre autres la disputent au pédantisme.

Fouad DELICI

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