L'interview interdit en Algérie: avec Kamer eddine

Au début de l'année 2013 j'ai reçu un appel téléphonique du journaliste Fayçal Oukaci du journal "Mon Journal" dont le directeur est Monsieur Hicham Aboud. Nous avons aborde quelque sujets puis il m'a demandé de faire une interview, des le départ il fallait nous mettre d'accord pour qu'il puisse poser toute sorte de questions a condition de publier l'interview sans  censure. Il a accepté, tout en s'excusant de ne pas pouvoir venir a Londres.

Alors nous avons convenu qu'il m'envoie toutes les questions par courriel et que je lui transmet mes réponses par la même voie, par la suite il m'envoie des questions complémentaires relatifs a mes réponses auxquelles je répondrai et après il m'envoie une copie de l'interview pour la corriger et l'approuver pour enfin publier l'entretien.

 Comme convenu Mr Fayçal Oukaci m'a envoyé un ensemble de questions auxquels j'ai répondu, il m'a envoyé d'autres questions relatifs a mes réponses auxquels j'ai encore répondu par courriel et après aucun signe de vie.

Apres quelques mois j'ai lu dans "mon journal" en titre un extrait de l'entretien relatif a Ahmed Merani, j'ai contacté Mr Fayçal Oukaci pour lui rappeler qu'on s'est mis d'accord pour publier tout l'entretien et non pas un extrait. Il s'est excusé et m'a informé que c'est le directeur du journal Mr Hicham Aboud qui a refusé de le publier.

Quelques semaines auparavant Mr Fayçal Oukaci m'a contacté pour m'annoncer que le journal a été fermé, alors je lui ai dis que je vais publier l'entretien et il ne s'est pas opposé.

L'entretien était en Français, je l'ai traduit en Arabe et je le traduirais en Anglais InshaAllah. J'ai laissé les questions telles que reçues, c'est la raison pour laquelle le lecteur remarquera un manque de cohérence entre certaines questions et réponses.  

Il n'y a pas longtemps j'ai entendu Mr Hicham Aboud dans une émission a la chaine TV "Rachad", déclarer qu'il a toujours respecté la déontologie du journalisme ainsi que tous les journalistes qui travaillez dans son journal et qu'il ne pouvait en aucun cas restreindre leur liberté d'écrire ou de publier. Malheureusement la réalité contredit ses paroles, peut être qu'il accusera encore Mr Saïd Bouteflika d'avoir interdit la publication de l'entretien, comme il a l'habitude de l'accuser de tous ses déboires et de tous les maux qui ravagent l'Algérie.

Entretien avec Kamer eddine Kherbane

Journaliste: Fayçal Oukaci - "Mon Journal"

 MJ: Commençons par le commencement, si vous le permettez. On sait que Kamer eddine a été pilote de MIG dans l’armée algérienne, avec le grade de lieutenant, avant de quitter l’ANP. Quelles ont été les raisons qui vous ont poussé à quitter les rangs de l’armée ?

KEK: C'est une longue histoire que je vais essayer de résumer. J'ai été contractuel avec l'armée de l'air de 1976 jusqu'a 1989 et J'ai été pilote de chasse sur MIG. La plus décisive des raisons qui m'a pousse a quitter l'Armée de l'Air a été mon arrestation par la sécurité militaire actuellement le DRS en 1986 suite a mon accusation d'appartenance a une organisation islamique avec le défunt Cheikh Mahfoud Nahnah et de complot contre la securite de l'état par un jeune du quartier de soustara nomme Madani arrêté par la securite militaire, il a aussi par la même occasion accusé avec moi deux autre jeunes de la Casbah Mr Saber et Mr Faradj.

Plus tard il s'est avéré que ce madani était membre du parti du défunt Ahmed Benbella et qu'il a écrit des slogans sur les murs de la Casbah menant directement a son domicile, malheureusement pour lui après cet événement il a été relâché pour devenir un indicateur notoire, la securité militaire faisait exprès de le faire monter en voiture en plein Soustara et en plein jour pour que tout le monde le sache, il a été tué juste après l'arrêt du processus électoral et le début de la guerre civile, j'ai su plus tard que son père a été tué durant la guerre de libération pour le même motif .   Apres mon arrestation j'ai été torture sauvagement surtout par un sous-officier qui prenait un malin plaisir à torturer un officier et il me le disait clairement qu'il était en train de se venger sur moi a cause de ses déboires avec ses supérieurs.

N'ayant rien trouvé de concret j'ai été relâché mais aussitôt j'ai écris un rapport détaillé sur mon arrestation, la torture que j'ai subi et la désillusion de la triste réalité de la sécurité militaire, j'ai donné le rapport a un général parent d'un Lieutenant de notre escadron pour le remettre au défunt président Chadli Bendjedid. J'ai su par la suite que mon rapport a eu pour effet une paralysie partielle du général Lakhal Ayat responsable de la securite militaire à cette époque mais pratiquement rien n'avait changé pour moi.

 J'ai été convoqué au Ministère de la Défense Nationale par le General Abdelmalek Guenaizia qui était chef des Forces Aériennes a ce moment et il m'a simplement dit qu'il ne pouvait rien faire pour moi et que je devais retourner encore une fois voir la fameuse sécurité militaire pour finir cette affaire avec eux, parce qu'il n y avait pas d'autre solution.

 Je suis donc retourne aux geôles du centre Antar et la on m'a fait endosser le soulèvement de la Casbah en 1984 avec les deux autres accusés comme punition pour avoir oser se plaindre contre la sécurité militaire au Président Chadli, a l'époque bien sur c'était tabou et inimaginable.

 Apres j'ai été transféré a la prison Militaire de Blida et en 1988 j'ai été condamné sans aucune preuves et réfutant toutes les accusations a deux années de prison fermes pour couvrir ma détention provisoire a la prison militaire mais sans toucher a mon grade de lieutenant.

A ma sortie de prison on m'a demandé de regagner ma base et de servir encore dans cette armée comme si rien ne s'était passé, j'étais dégouté de cette hypocrisie de la part du haut commandement et j'ai refusé catégoriquement de servir encore dans cette armée.

J'ai envoyé ma première démission au président Chadli avec des propos corrects et disciplinés, 3 mois après le président Chadli a refusé ma première lettre de démission, la j'étais furieux et en colère j'ai écrit une deuxième lettre de démission avec toutes les vérités sur l'armée et la sécurité militaire avec des propos forts et durs.

Apres cela le Président a constitué une commission pour statuer sur mon cas, la dite commission après quelque mois a acceptée ma démission mais en me dégradant au grade de djoundi et en me privant de toutes allocation pour mes années de service dans l'armée. J'aimerais bien savoir si le General Guenaizia faisait partie de cette commission ou peut être président de la dite commission.

  MJ: Entre l’armée et l’Afghanistan, il y a des cases blanches, que s’est-il passé dans la tête de kamareddine qui l’a poussé à partir en Afghanistan ?

KEK: Je ne suis jamais parti en Afghanistan come tu peux le constater a ma sortie de prison en Juillet 1988 juste après il y avait les événements d'octobre puis en 1989 la création du FIS ou j'ai été membre fondateur, et de la jusqu'a l'arrestation des responsables  du FIS en Juin 1991 après la grève, j'ai vécu pendant un mois dans la clandestinité puis j'ai quitté l'Algérie vers le Pakistan avec pour mission d'informer l'opinion publique sur la crise politique en Algérie.

MJ: Au Pakistan, vous étiez au « Maktab al-Khadamat »avec Boudjemaâ Bounoua. A quoi consistait ce bureau ?

KEK: Je n'ai jamais été au Maktab al-khadamat au Pakistan avec Boudjemaa Bounoua dit Abdellah Anas, le Maktab al-Khadamat était un bureau d'aide aux Moudjahidins  et refugies Afghans fondé par Cheikh Abdallah Azzam et il publiait une revue sur la guerre en Afghanistan qui s'appelait « Sada al Djihad »

MJ: Quels ont été les premiers algériens qui ont participé à la guerre contre les Soviétiques, hormis les deux frères Kari ?

KEK: Pour être honnête je ne le sais pas.

MJ: Durant cette période justement, on parlait beaucoup de l’aide américaine aux Afghans. Aviez-vous observé certaines images de cet appui américain ?

KEK: En juillet 1991 quand je suis parti la guerre était pratiquement terminée et je suis reste juste deux mois avant de repartir. Tout le monde a entendu parler de l'appui Américain mais l'appui Américain ne cours pas les rues il passait automatiquement par l'armée Pakistanaise donc tenu au secret militaire.

MJ: Avez-vous rencontré Oussama Ben Laden ou Abdallah Azzam ? Al Qaida était en gestation : que prévoyaient alors les Algériens-Afghans ?

KEK: Comme je l'ai déjà expliqué avant, le but de ma sortie c'était d'informer l'opinion publique de la crise politique en Algérie donc j'ai pratiquement rencontré toutes les personnalités politiques résidents a Peshawar au Pakistan entre autres le futur Président de l'Afghanistan le défunt Burhan-eddine Rabbani, Cheikh Abd Rab arassoul Sayaf, Gulbeddine Hekmatyar et Oussama Beladin mais je n'ai pas pu rencontrer Cheikh Abdellah Azzam parce qu'il a déjà décédé. A l'époque bien sur il n y avait pas encore de Qaida, quand aux Algériens que vous appellez Afghans j'ai su qu'il y avait deux groupes ne dépassant pas la vingtaine qui sont partis en Algérie par l'intermédiaire du GIA infiltré, le premier groupe a été arrêté dans l'opération de l'Amirauté, le deuxième a été massacré après avoir été rassemblé dans une maison a Sétif.

MJ: A partir de quand aviez-vous décidé de rentrer en Algérie ? Est-ce l’éventualité de créer un parti politique avait été déterminante ?

KEK: Il est clair que je suis sorti après le FIS pas avant.

MJ: Comment s’est faite votre rencontre avec les gens du FIS, Abassi Madani et Ali Belhadj ?

KEK: C'est Cheikh Abassi Madani que je connaissais qui m'a fait appel par l'intermédiaire de Ahmed Merani quand a Ali Benhadj on s'est rencontrés au Majliss Achoura c'est a dire le conseil du FIS.

MJ: La confrontation de mi-juin 1991 avait été une fracture grave entre les islamistes et l’armée. Qu’avez-vous au FIS fait pour éviter un tel scénario, qui avait planté pour longtemps le décor de la guerre civile ?

KEK: Ce que vous appelez confrontation de mi-juin, était en fait une grève pacifique initiée par le FIS moyen politique autorisée par la loi dans un pays démocratique pour contrecarrer le redécoupage électoral des élections législatives par le gouvernement FLN, et la je n'accuse pas les responsables du FLN qui pensaient utiliser une ruse électorale pour ne pas perdre les élections. En fait il y avait une troisième force non pas l'armée comme vous le suggérez mais certains généraux "sous-officiers" corrompus de l'armée avec le DRS qui voulaient a tout prix faire échouer la transition démocratique de l'Algérie. Ces forces du mal ont manipulé les deux fronts pour aboutir a leur fins et malheureusement c'est le peuple qui a payé le prix de cette dérive qui n'honore ni l'Algérie ni l'Armée. Quand aux décisions du FIS elles étaient toutes prises a la majorité des membres du Majliss entre autre celle de la grève pour trois jours et son extension après et tout le monde devait respecter le choix de la majorité.

MJ: Abassi Madani a affirmé récemment que dès le début, il avait douté de Said Makhloufi, un ancien lieutenant de l’armée, l’accusant d’avoir donné avec son opuscule –« al-Isyan al-Madani » (« la Désobéissance civile ») les motifs juridiques pour faire dissoudre le FIS quelques mois plus tard. Partagez-vous cette opinion ?

KEK: Je n'ai pas entendu cette affirmation mais ce que je peux dire c'est que Said Makhloufi rahimahou Allah est pour moi un homme hors du commun, c'est un homme pieux, honnête, modeste doté d'un esprit d'analyse politique unique et par dessus tout courageux, il n'a pas hésité a se sacrifier pour lutter contre la tyrannie et la dictature en laissant une femme et deux enfants en bas âge. Quand a la dissolution du FIS tout le monde sait qu'elle s'est faite, sur la base de coupures de journaux "motifs juridiques" suffisants a l'époque, par deux assesseurs illégaux sans que le juge "une femme" soit d'accord.

MJ: Les événements de Guemar avait donné un autre motif de croire que derrière la façade FIS se cachait une nébuleuse guidé par le seul souci du djihad. Le chef du groupe de Guemar était un ancien afghan. Le FIS n’allait-il pas lui-même vers son autodestruction ?

KEK: En 2013 tout le monde sait la vérité sur ce qui s'est passé, les manipulations du DRS les préparations pour contrecarrer toute transition démocratique de l'Algérie. Ce n'est pas moi qui le dit ce sont les dissidents de l'Armée et du DRS ils ont même un site appelé le MAOL "mouvement Algérien des officiers libres".

MJ: Les locales de 1991 que le FIS a raflé sans partage ont donné au FIS une hégémonie qui allait lui être fatale. Sa gestion des communes lui donnait une nouvelle puissance, mais aussi allait former contre lui de nouveaux adversaires, qui observaient d’un mauvais œil la montée en puissance d’un parti qui cherchait vraisemblablement à régner sans partage, créant un autre FLN, en version religieuse...

KEK: Le FIS n'a rien raflé, c'est le peuple qui a choisi le FIS donc si on est démocrate on doit accepter les résultats des urnes. Les faux démocrates font des analogies entre deux partis, deux périodes complètement différentes et ils pensent pouvoir convaincre les gens avec ces arguments complètement dépassés, en fait ils n'arrivent même pas a se convaincre eux même. Comment le FIS qui a été élu démocratiquement par le peuple et qui a démontré sur le terrain sa capacité de résoudre les problèmes du peuple au niveau locale peut ressembler au FLN qui truque les élections depuis la nuit des temps et qui est la source de toutes les corruptions et les dépassements en Algérie, c'est ce qu'on appelle raisonnement par l'absurde.

MJ: Les législatives de décembre 1991 ont été la dernière joute politique du FIS. Des intermédiaires avaient conseillé à Abdelkader Hachani de se contenter, au lieu d’une majorité écrasante, d’un quota intéressant dans l’Assemblée. Proposition que les élus FIS ont rejeté. Est-ce vrai ?

KEK: Je ne suis pas au courant parce que j'étais a l'étranger, mais dernièrement Le Dr Taleb Ibrahimi dans une émission a la chaine TV Al-Jazeera a déclaré que Abdelkader Hachani Rahimahou Allah a pratiquement renoncé a tout. Malgré la majorité obtenue aux élections, il a renoncé a la présidence du Parlement ou du gouvernement, il a juste demande trois ministères au gouvernement et ceci enlève toute crédibilité aux raisons invoquées par ceux qui ont arrêtés le processus démocratique et exécutés le coup d'état. on ne peut pas parler de démocratie et jouer au quota de 30% ou 50% c'est de l'arnaque en tout cas on ne peut pas appeler cela une démocratie.

MJ: C’est à ce moment que Kamer eddine Kherbane passe au Maroc, puis en Grande-Bretagne. Comment se sont passées réellement les choses pour vous ?

KEK: Je suis sorti bien avant comme je l'ai déjà dis, je suis parti au Pakistan puis en France, la Croatie, l'Albanie, le Soudan, le Yémen, la Syrie, l'Azerbaïdjan et enfin l'Angleterre. Entretemps je me suis marié et j'ai eu des enfants.

MJ: Hachemi Sahnouni a dit que certains leaders du FIS ont travaillé pour le parti, tandis que d’autres ont fait travaillé le FIS pour leur propre compte. Le constat est d’autant plus sévère qu’il donne en exemple des noms de leaders qui sont devenus, par la suite, des hommes d’affaires, des commis de l’Etat ou, simplement, des personnages riches et fortunés...

KEK: Ceux qui ont obtenus des privilèges dans la vie honnêtement ils le méritent amplement, les autres ne doivent pas dormir sereinement la nuit et c'est a Allah et a lui seul de les juger.

MJ: Dès le déclenchement de la guerre civile en Algérie, on attribuait à Kamer eddine Kherbane la paternité d’un groupe armé pour le moins curieux, car il a fait long feu : Al Bakoun ala al-Ahd. Est-ce vous qui signiez les bulletins de guerre de ce groupe, qui allait disparaitre rapidement ?

KEK: Tout le monde sait que du GIA a Al Qaida au Maghreb en passant par Al Bakoun ala al-Ahd, Al Djamaa Salafiya li Dawa wal qital... sont tous 100% copyright du DRS, il faut rendre a César ce qui est a César.

 MJ: Comme la plupart des chefs du FIS, vous aviez donné votre bénédiction au GIA, à sa création. En 1994, vous aviez été excommunié et condamné à mort par ce même GIA, de même que six autres des chefs du FIS. Pour quels motifs cette sentence avait été prononcée contre vous, et quelle a été votre réaction avant que vous ne preniez vos distances avec le GIA après 1995 ?

KEK: Je n'ai jamais donné ma bénédiction au GIA, au contraire j'ai été le premier à m'opposer au GIA depuis sa création si je me rappelle bien j'ai fait des déclarations contre le GIA en 1993 dans une interview donnée au Nouvel observateur lors d'une conférence au Soudan. En tout cas il ne faut pas être très intelligent pour imaginer que l'infiltration est quasiment assurée lorsque des gens qui ne se sont jamais connus se rencontrent pour créer une organisation comme le GIA. Pour les condamnations a mort c'était clair que c'était le DRS qui était derrière, ils ont tués Cheikh Abdelbaki Sahraoui a Paris, Saïd Makhloufi et Belkacem Tajouri et Abderazak Redjem dans des endroits différents en Algérie, Abdelkader Hachani a Alger tous étaient  membres fondateurs  du Majliss Echoura ainsi que Cheikh Yekhlaf Cherati a la prison de Serkadji Rahimahoum Allah, moi même j'ai échappé de justesse a un attentat sans parler des 500 miles morts des 30 miles disparus et des millions de veuves, orphelins et blessés.

MJ: Sachant que le GIA avait dérivé gravement, surtout à l’époque de Zitouni, mais surtout de Antar Zouabri, pourquoi n’avez-vous pas essayé de rectifier les choses auprès de la revue Al Ansar qui siégeait justement à Londres, et qui était sous la coupe de « Abou Farès »exilé du GIA à Londres, et sous l’influence de référents doctrinaux de la trempe de Abou Mossâb es-Souri, Abou Qatada al-Filistini et Abou Hamza al-Misri ?

KEK: Le GIA n'avait pas dérivé, depuis le début le but du DRS était clair, premièrement l'infiltrer pour le manipuler puis le contrôler pour ensuite éliminer physiquement tous les opposants au contrôle du GIA par le DRS, parmi les victimes de ce plan démoniaque il y avait Cheikh Mohamed Saïd, Cheikh Abdelhamid Boucha ainsi que beaucoup d'autres Rahimahoum Allah. et enfin créer une organisation terroriste Islamique pour ternir l'islam et qui frapperait, a l'intérieur contre le peuple pour l'éloigner du projet de société islamique prôné par le FIS, et a l'extérieur pour convaincre les pays occidentaux de soutenir le DRS dans sa croisée contre l'islam sous couvert de guerre contre le terrorisme. Pour les référents doctrinaux que tu as cité, tous sans exceptions ont été manipulés par le DRS.

je me rappelle a cette époque certains journaux Algériens du DRS ont soulevés la question de la collecte des fonds pour le GIA a Londres, la réponse est venu presque instantanément. La revue "Paris Match" a Paris a publiée une information secrète donnée par le Home Office en Angleterre "ministère de l'intérieur" révélant que les communiqués du GIA publiés dans la revue "Al Ansar" sont envoyés a partir d'une caserne du DRS a Alger.

MJ: On sait que Scotland Yard et le MI5 ont pu manipuler beaucoup d’islamistes Algériens établis, comme vous à Londres. N’avez-vous pas été l’objet de manipulations ?

KEK: Tous les Services secrets du monde recrutent des agents pour leur travail de collecte d'informations ou d'analyse mais le malheur des Algériens en Algérie et dans le monde, c'est le DRS qui recrute des agents pour les autres services et pour montrer son dévouement total a la lutte contre le terrorisme, il met ses propres agents au service des autres services de renseignement. Quand a moi j'ai été l'objet de menaces, de surveillance et de certains coups bas mais pas de manipulations. Ceux qui ont été manipules ont eu tous les privilèges, je n'en ai aucun même pas la nationalité Britannique, que tous ont acquis.

MJ: Il y a quelques années, à la faveur de l’adoption de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, on commença à parler de Kamareddine Kherbane en Algérie. Bouteflika a envoyé à l’époque, ses émissaires, des interfaces islamistes, comme Soltani et Belkhadem, en Europe et en Grande-Bretagne à cet effet. Pourquoi vous n’avez pas donné du crédit à pareille offre ?

KEK: Je n'ai jamais été contacté.

MJ: Dans un entretien récent donné en Algérie, Ahmed Merani, votre ancien compagnon du FIS devenu ministre, vous accuse d’avoir touché de l’argent.

KEK: Il a dit beaucoup plus que cela mais tout ce qu'il a dit n'est pas vrai, a commencer par l'argent que je n'ai jamais partagé avec Rabah Kebir venant de Kadhafi ou de toute autre source et qu'actuellement je suis loin de la politique alors que je suis l'administrateur du site officiel du FIS "FISDZ" depuis plus de deux ans. Lorsque Ahmed Merani oublie la raison pour laquelle il est parti faire sa fameuse déclaration a la TV et qu'il mélange les événements, les personnes et les dates cela s'appelle tout simplement la maladie de la démence qu'on appelle en Algérie "khraf". En tout cas je ne lui en veux pas et il me fait de la peine de le voir tomber si bas, peut être qu'il me reproche encore de ne pas avoir voulu le rencontrer deux fois de suite lorsqu'il est venu a Londres spécialement pour me voir, et je dois l'avouer il ne mérite pas de finir ainsi lui qui a passé toute sa vie dans la Dawa mais rares sont ceux qui peuvent s'en sortir des filets des services de renseignement après leur chute, son compagnon a la télévision Bachir Fkih a voulu se racheter mais il a été tué par le DRS comme d'ailleurs Said Guechi tué en Arabie Saoudite, sa famille a accusé le DRS.

MJ: Le chef du GIA Abdelhak Layada était au Maroc au début de l'année 1993, sans même en tenir informer ses principaux lieutenants, en savez vous quelques chose qui peut fournir des éléments de réponses

KEK: Pour être honnête je ne connais pas Abdelhak Layada ni son activité au GIA, en tous cas il est toujours vivant et il pourra vous répondre lui même, par contre je connais son frère qui a travaillé avec nous au siège du FIS et je peux vous affirmer que c'est un homme honnête et travailleur.

MJ: Vous aviez dit que Lakehal Ayat en fut tellement ébranlé qu'il en fut paralysé. A notre connaissance, il n'a jamais été, à cette époque-là, paralysé, ni partiellement, ni totalement...

KEK: Non seulement Lakehal Ayat fut a demi paralyse et il ne s'est jamais remis après cette affaire, mais il a été limogé quelque mois après en 1987 et tout le service fut secoué, le commandant Daoud (Rachid Diah)que le colonel Samraoui a cité dans son livre comme un corrompu lorsqu'il était chef de Daïra a Bechar, en fait il est natif de la Casbah et du même voisinage que moi. Le lendemain de cette affaire il est venu pleurnicher au quartier et informer tout le monde que Kamer eddine a perdu la raison et qu'il est devenu fou, comment il a osé se plaindre et écrire un rapport sur la sécurité militaire au président de la république. A cette époque que les jeunes d'aujourd'hui n'ont pas connus qui pouvait porter plainte contre la sécurité militaire.

MJ: L'accusation dont on parle concerne un chèque remis par un Koweitien qui répond au nom de Mohamed Ibrahim Abdelsalam, il avait remis aux dirigeants du FIS un chèque en contrepartie de leur soutien au Koweït, lorsqu'il a été envahi par Saddam. On dit qu'Abassi Madani a donné sa part à son gendre, Si Mozrag, et les signes de cet argent ont été visibles, par la suite. Quand à Benazouz Zebda, sa brusque incursion dans le monde des affaires et l'import-export en direction de la Turquie avait renseigné sur la provenance de son financement. Quand à Kamareddine, il est vrai que rien ne fut trouvé en sa possession de très visible. Jurerez-vous n'avoir pas bénéficié de l'argent du Koweit?

KEK: C'est la première fois que j'entend parler d'argent provenant d'un koweitien et je peux vous assurer qu'il n'a jamais existé a ma connaissance, en tous cas toute la période passée sera débattue et toute la lumière sera faite sur toutes les zones d'ombre lors du congrès du FIS qui se tiendra insha Allah lorsque le peuple Algérien retrouvera sa liberté comme les peuples de Tunisie, de Libye et "d'Egypte" parce que fonder un parti ou lancer un journal dans ces pays demande juste d'informer le ministère de l'intérieur, pas besoin de son autorisation.

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