Ou va l’Algérie, l’Egypte, … le Monde ?

 

 

Il est indéniable que les libertés d’opinion, d’expression, d’entreprendre, exercées à l’intérieur d’un véritable Etat de droit où la légalité et la légitimité des Pouvoirs seront garanties fondamentalement par le résultat intégral des urnes, constituent le carburant des moteurs de développement des nations. Probablement en toute sincérité, mais en posant la question ‘’ou va l’Algérie’’, Boudiaf ignorait donc qu’en acceptant de se mettre à la tête d’une institution illégitime et illégale (le haut comité d’état ‘’HCE’’) il installait non seulement l’Algérie dans le non droit, mais il l’amarrait à la dictature, et ce faisant, il participait à immobiliser une Algérie alors en mouvement. Le pays cessait d’avancer, il ne pouvait donc aller nulle part. La question ‘’ou va l’Algérie’’ constituait et continue d’être un véritable non sens pour un pays à l’arrêt. Boudiaf semblait superbement ignorer que son concours était sollicité pour simplement finaliser la manœuvre de stationnement, le pays était à destination. Et de sa vie, il paya son ignorance.

               A l’extérieur des limites de l’ordre commence forcément le désordre. La dictature dans toute son atrocité, avec tous ses malheurs livrés en package (mort, disparition, emprisonnement, déportations, internement, injustice, corruption, violence, délinquance, népotisme, médiocrité, chômage, pauvreté, misère, inculture, incivilité etc…), au sein d’un pays est une situation globale d’induction, et partant, tous le pédantisme déployé sur les plateaux des télévisions des dictatures et traitant des modes à succès de sortie de crise sont de la poudre aux yeux, des tricheries, des tromperies émanant de personnalités souvent à vocation opportuniste, de fonctionnaires zélés ou aux ordres. Les courtisans de tous bords ne peuvent ignorer que la stabilité politique, économique, sociale, tous comme le développement d’un pays, d’une nation, passent par une seule voie et elle est unique. Elle réside dans le rétablissement de l’Etat de Droit, des libertés et le subséquent respect fondamental des choix populaires exprimés à travers les urnes.

                Dans ce cadre, l’Egypte qui avait entamé son réveil en janvier 2011 s’est donc replongé dans le sommeil mais aussi dans les malheurs forcés. Pour combien de temps ? Elle en sortira lorsque l’Afghanistan, l’Irak, la Lybie, le Mali, la Tunisie, la Syrie, la Cote d’ivoire, la Centre Afrique, le Sénégal, le Soudan, le Niger, le Gabon … l’Algérie s’en sortiront. Pourquoi lier l’avenir de tous ces pays ? Pour la bonne et simple raison que ces nations subissent le dictat d’une même et unique géostratégie, et dans ce cadre, il est absolument fondamental de sensibiliser les populations concernées sur le sort lié de leur destinée.

Ou va le monde ?

               Sur terre, les réserves de ressources naturelles (hydrocarbures et autres) semblent marquer le pas et préoccupent les grandes puissances économiques. En effet, les quantités de matières premières consommées dépassent pour certaines celles qui sont nouvellement mises à jour prêtant sérieusement à penser qu’elles s’épuiseront à terme. Ceci étant, Il faudrait peut être, à plus ou moins long terme, envisager le rationnement de l’énergie et de certains inputs destinés à être transformés par l’industrie. Mais pour ce faire, et surtout pour être à la manœuvre, il faut au préalable les posséder ou tout au moins les contrôler. (à moins que l’espace, les fonds marins ou peut être la science, par la mise à disposition de substituts, ne viennent éventuellement à la rescousse).

               La maximisation du profit en poussée, les avancées technologiques (robotisation par exemple) et managériales des grands pays industrialisés permettent de nos jours aux grandes entreprises multinationales occidentales de mettre sur les marchés internationaux de grandes quantités de produits. Les pays émergents (BRICS) ne sont pas en reste, et  la croissance économique jusqu‘à 2011 de la Chine, dépassait les 10% lorsque celle de l’Inde, du Brésil, de la Russie tournait autour de 7 à 8% en moyenne. La problématique pour l’industrie occidentale tout comme pour celle des pays émergents (BRICS) consiste donc à disposer des quantités suffisantes de matières premières et d’énergie, indispensables aux fonctionnements de leurs usines et de leur croissance, mais de pouvoir aussi et surtout commercialiser tous les outputs ainsi générés. Que devient une production invendue ? Un stock couteux et encombrant, un capital gelé, une charge.

               Grace à une agressivité commerciale phénoménale adossée à une politique des prix impossible à concurrencer, les produits de l’industrie chinoise (l’automobile, l’habillement, les équipements et même dans certains domaines des technologies de pointe tel que les télécommunications avec les entreprises Huawei et ZTE) ont envahi pour certains, pénétré pour d’autres, l’ensemble des marchés mondiaux et ce faisant ont hissé la Chine au deuxième rang de l’économie mondiale avec un PIB de l’ordre de 8 300 milliard de dollars. Pour la petite histoire, le dynamisme économique de la Chine fit dire à un grand éditorialiste américain détenteur de trois fois le prix Pulitzer : « Les USA ne craignent pas le communisme chinois, ils craignent le capitalisme chinois ».. De l’autre coté, et pour avoir perdu des parts importantes des marchés internationaux et même domestiques, les industries occidentales en panne, ne participent plus dans les mêmes proportions à l’effort économique de leur pays respectif et les différents gouvernements notamment européens sont contraints à recourir au déficit budgétaire pour permettre à leurs sociétés respectives de vivre au niveau de ce dont elles n’ont plus les moyens, creusant ainsi leur endettement et s’enlisant encore plus dans la crise. La dette globale des Etats Unis atteignait près de 54 000 milliards de dollars, dont une dette publique de l’ordre de 16 430 milliards de dollars en 2011. La dette globale de la France tourne autour de 1950 milliards d’euros soit près de 95,1% de son PIB.  Le désinvestissement forcé résultant de la crise économique a poussé beaucoup de banques vers la spéculation, et les scandales ayant touchés certaines de ces grandes institutions ne sont même pas à rappeler. Nul besoin de rappeler également le ratage de certains crédits dans lequel se sont engouffrées d’autres banques au moment où l’emploi agonisait, mettant les emprunteurs au chômage, dans l’impossibilité de rembourser leurs emprunts. En faillite, il fallait recapitaliser les banques etc…. La thérapie monétaire inoculée en Grèce, ou ailleurs était nécessaire à l’équilibre du groupe (UE). Elle à permis d’un coté à éviter la faillite d’une monnaie commune mais sans pour autant de l’autre, évacuer la menace d’une régression économique durable pouvant à moyen terme affecter la stabilité politique et la cohésion sociale des populations occidentales. Cette option n’est point une vue de l’esprit et préoccupe au plus haut point les états majors atlantistes.

               Dans une « compétition » ou l’enjeu reste la domination économique des marchés mondiaux, la main mise sur les matières premières et les hydrocarbures en particulier, est devenue aujourd’hui un objectif hautement stratégique, voire une arme redoutable. La guerre sourde et souterraine pour le contrôle des sources et voies d’accès aux ressources naturelles fait rage entre les occidentaux et le BRICS et plus particulièrement entre les occidentaux, les USA à leur tête, et la Chine.

               Cependant, la stratégie élaborée par chacun des deux blocs aux vues d’assurer les approvisionnements énergétiques et les inputs indispensables à leurs économies respectives ne sont en aucune mesure comparable. Pour le BRICS, qui pèse aujourd’hui 35% de la production mondiale, un approvisionnement régulier en quantité et qualité en matières premières est vital pour le bon fonctionnement de ses usines.  Il demeure cependant absolument névralgique pour son rythme de croissance, son développement et celui de ses sociétés. Pour ce faire, l’approche est éminemment économique. Gagner la confiance des partenaires et faire en sorte d’assurer l’équilibre de sa balance de paiement par des investissements et la pénétration de ses produits des marchés des pays fournisseurs. En 2012, la Chine fut de loin le premier investisseur en Afrique avec plus de 15 milliards de dollars.

               En déclin, la part occidentale dans le PIB mondial est passée de 70% à moins de 40% aujourd’hui. Totalement impuissants  parce que ne disposant pas des attributs (entre autres, le cout du travail), leur permettant une concurrence saine à opposer à la Chine au sein du commerce mondial, pourtant encadré par une organisation (OMC) et des règles de fonctionnement acceptées par tout un chacun, les pays occidentaux, culture oblige, ont adopté une stratégie principalement militariste pour s’assurer du contrôle mondial des principales matières premières,  hydrocarbures en premier et partant, par la privation ou le rationnement des inputs et de l’énergie, exercer un contrôle, voir freiner les capacités productives de la Chine, influer négativement sur son rythme de croissance et permettre ainsi aux entreprises euro-américaines de survivre en reprenant des parts forcées dans les marchés mondiaux pour assurer enfin bien être et équilibre à leurs sociétés d’une part, et assouvir d’autre part ce sentiment maladif de domination.

La stratégie du Contrôle

               N’ayant pu être totalement maitrisé par les artifices des marchés financiers et boursiers, le contrôle sur les matières premières ambitionne de s’exercer aujourd’hui à la source.  Contrôler le pays détenteur. Soumettre ce pays au dictat de la force, de l’argent, de la corruption, reste un préalable incontournable pour s’accaparer de ses richesses. Et ainsi, si la confrontation opposant occidentaux et Chinois reste encore invisible, feutrée, voire virtuelle, les morts, les handicapés, les orphelins, les miséreux, les déplacés sont eux bien réels. Ils sont Afghans, Irakiens, Egyptiens, Syriens, Libyens, Soudanais, Maliens, Ivoiriens, Centre africains…victimes de la stratégie du terrorisme de masse, au nom de l’émancipation, de l’humanisme, des libertés, des droits de l’homme et de ‘’la lutte contre le terrorisme’’.

               L’exploitation des peuples a travers les colonisations à toujours existé et le phénomène de l’utilisation de la force pour ce faire est ancien et profondément culturel au sein des gouvernements occidentaux qui agissent de par la force que leurs confère leurs puissances militaires et l’existence aujourd’hui d’une clientèle locale totalement inféodée. Les observateurs nomment aujourd’hui cette clientèle vassale ‘’la Karzaisation’’ en référence au renversement des Talibans par les forces armées alliées et l’installation au pouvoir d’une personnalité (en réalité une caste) importée sans aucune légitimité, pour une gouvernance sous tutelle, une gouvernance par procuration.

               ‘’La Karzaisation’’ vient toujours après l’acte de guerre. La soumission du pays visé commence d’abord par une agression directe des forces armées occidentales et de leurs alliés et finie en imposant puis sécurisant l’infâme mécanisme vassal de gestion et de contrôle. Cependant, et dans beaucoup de cas, ‘’la Karzai force’’ cultivée localement depuis des années, existe déjà au sein du pays considéré, et attend simplement d’être activée pour passer à l’action à travers généralement les coups d’Etat, processus le plus utilisé et le plus prisé par l’occident car leurs économisant les couts humains et financier d’un engagement militaire sur le terrain.   

               Qui pourrait aujourd’hui croire que les exécutants du coup d’état du 3 juillet en Egypte n’avaient pas reçu l’aval des maitres avant d’agir ? Le capitaine SANOGO exécutant du coup d’état au Mali est aujourd’hui général lorsque le nouveau Président Malien (intronisé le 17 septembre 2013) serait, selon la lettre du continent du 05 septembre 2013, un franc maçon et maitre de la grande loge du Mali. A en croire un reportage diffusé sur la chaine de télévision française LCP toujours en ce mois de septembre, la grande majorité des dirigeants africains seraient membre de la franc maçonnerie et maitre de leur grande loge nationale (Ali Bango, Compaoré, Ouattara etc..)

               A l’inverse et déjà, pour avoir osé prendre le contrôle de ses richesses naturelles et principalement son pétrole, le gouvernement Iranien de Mossadegh fut renversé par la CIA et la Karzai force début des années 1950. L’Egypte fut envahie par une coalition occidentale en 1956 pour avoir décidé de prendre le contrôle du canal, son canal de Suez. Le président Chilien ALLENDE fut renversé par la CIA et la Karzai force en 1973 pour s’être opposé entre autre aux dictats des firmes américaines sur ses mines (cuivre principalement) et dans ce chapitre, l’Afrique, l’Asie, l’Amérique latine pourraient conter longtemps leurs martyrs.

               Il n’est donc nullement besoin de revenir sur les véritables motivations du génocide irakien de 2003 qui se poursuit encore sous nos yeux, de la tragédie libyenne, du grand malheur Syrien, de la répression des Bahreïni, et nous renvoyons notre lecteur à l’article de Severin TCHETCHOUA TCHOKONTE pour les motivations de la guerre et de la scission du Soudan.

               Cependant, L’Egypte fait le plus de mal à la conscience humaine. Le peuple qui venait de s’autodéterminer pacifiquement de la dictature en empruntant la voie de l’urne pour assoir la légitimité populaire de ses dirigeants, semblait être parvenu à capter sa pleine et entière souveraineté. Pendant quelques mois, à peine une année, nous musulmans du monde, fûmes rempli de fierté.  Dans un moment d’euphorie, nous pensâmes qu’après la Tunisie, la révolution Egyptienne venait confirmer l’ouverture du chemin des libertés, du droit, du progrès pour l’ensemble des peuples opprimés. Pendant un instant, nous avons cru gagné la bataille de la souveraineté, cet absolu interdit. Ce fut finalement juste un court, très court moment, le temps d’un rêve.

               En laissant les « choses » se faire en Syrie, la guerre en cours pourrait s’éterniser et tourner in fine à l’avantage de l’opposition armée ou rébellion. Dans ce cas de figure, ceux qui sont réellement sur le terrain et mènent la guerre contre la dictature auront à cœur l’installation d’un Pouvoir souverain et mettrait ainsi en échec la Karzaization et les visées occidentales sur la Syrie. Si par contre le régime de l’assassin Bachar l’emporte, le renforcement de la dictature et de ses liens avec l’Iran seront consacrés. L’isolement et l’assèchement des sources d’approvisionnement en armes du HEZB ELLAH auraient vécu, avec en prime l’affermissement du pouvoir iranien. La victoire militaire de l’un des deux belligérants de la guerre civile syrienne  ne saurait donc en aucun cas permettre la domestication de la Syrie qui demeure une absolue nécessité pour la suite à donner à la stratégie occidentale dans la sous région. Toute l’agitation autour d’une frappe occidentale en Syrie ne vise donc qu’à imposer une troisième option pour ce pays, celle du politique.  Cette troisième voie ambitionne le départ de Bachar et l’installation du CNS (Conseil National Syrien) pour diriger une transition. Les combattants de l’ALS (armée libre de Syrie) rejoindront les troupes régulières et constitueront la Karzai force du nouveau pouvoir. La guerre de Syrie ne se terminera pas pour autant. Elle se poursuivra  sous l’égide de la Karzai force aidée de ses maitres en direction des véritables combattants de la liberté. Elle prendra alors le nom de « la lutte contre le terrorisme et  El Qaida ».    A moins que les combattants libres ne fassent le dos rond et intègrent la Karzai force ce qui semble difficile à croire.

               Cette option politique pourrait elle aboutir ? La Russie accepterait elle d’être dupée ou de s’en faire le complice ? Bachar accepterait il de disparaitre dans la nature iranienne ou Russe ? C’est à voir. Et les intérêts Chinois dans cette trame ? Après la fermeture des robinets du pétrole soudanais, la Karzaization de la Syrie amènerait la mort du Hezb ELLAH et à terme la chute du Pouvoir actuel en Iran dont les réserves pétrolières passeraient alors sous contrôle. Un régime iranien dont, le moins que l’on puisse dire, reste à ce jour un Pouvoir souverain qui pourrait fournir l’énergie nécessaire à l’économie chinoise.

               Plus loin, au Maghreb, un observateur politique de la scène algérienne estimait récemment que le pouvoir en place à « mis le pays entre les mains des puissances étrangères voire sur le chemin de la destruction ». Un autre, traitant de gouvernance, chancelle entre « dérive et haute trahison » du pouvoir algérien, et pour conclure, et ne point dérouler tout le répertoire en la matière, citons ce chef de parti de l’opposition qui estimait lors d’une conférence de presse tenue le 16 septembre dernier que « le pays est gouverné par la France ». Traduction, l’Algérie serait tout simplement Karzaizé, et partant,

ceux qui agitent le spectre de l’épouvantail d’une intervention militaire occidentale contre l’Algérie, (partis politiques, médias, personnalités de tous bords) ne feraient donc que dans l’hypnose et le Rey Rey sachant que les occidentaux n’ont pas l’habitude de défoncer des portes ouvertes.  Penser de cette façon abrutir les Algériens les yeux grands ouverts revient à se déconsidérer et à se définir simplement comme élément ou partie de la Karzai force.  En effet, si l’Etat le fait avec ses caisses (Tant mieux ?), sa clientèle en soutien, démobilise la société en pointant le doigt sur une vraie fausse guerre que s’apprêterait à mener le Don Quichotte US contre les moulins à vents algériens, dégoutant absolument.

               Pour autant, et devant tout le gâchis et déchets des méfaits de la stratégie de Karzaization sur notre pays, que faut-il penser des motivations de la trituration opérée récemment par le pouvoir apparent sur ses structures internes ? On pourrait disserter longtemps sur les organisations et les relations hiérarchiques et fonctionnelles des structures, cependant, faire migrer un ou des services à partir du DRS, élément lui même de l’état major vers l’état major, reste mathématiquement (théorie des ensembles) ou même dans l’absolue, sans effet, voire inutile.  D’un point de vue pratique, le service de communication par exemple ne fut point dissout, et sous la coupe du DRS ou de l’état major, la mission du service est resté la même jusqu’à preuve du contraire. Les prérogatives du service pourraient s’exercer peut être différemment, mais elles s’exécuteraient, ce qui ne changerait rien aux conditions de travail du journaliste lambda. A cet effet, il n’y a rien ou presque rien à chercher dans les changements eux-mêmes et dans le fonctionnement du système politique algérien. Il faudrait peut être, orienter l’analyse, vers les effets d’annonce de ces décisions.

               En additionnant les apparitions télévisées aux décisions en question, le cocktail tendrait à signifier que Bouteflika tiendrait bien entre les mains le manche de la fonction de pilotage de la Présidence et pour cause. Dans ces conditions nul ne pourrait affirmer que le contenu de la prochaine constitution pourrait lui avoir été imposé (pourtant source du conflit l’ayant opposé au DRS avant sa maladie selon certains observateurs), comme nul ne pourrait affirmer que l’armée, passée sous son contrôle, imposerait comme à son habitude, un candidat à la prochaine élection présidentielle. Certains observateurs par contre estiment que cette restructuration au sein de l’armée vise principalement le renouvellement de ses cadres, procédure qui a déjà affecté la scène politique comme le FLN, le RND, le MSP, le RCD et d’autres structures et personnalités.

               En définitif, les agissements du Karzai ou de la Karzai force ne sont pas intéressants, et demeurent insignifiants au regard du Pouvoir réel, entendons par là, les chefs d’orchestre de la stratégie de Karzaization. L’élection présidentielle prochaine pourrait peut être, échapper à l’influence de l’armée algérienne, mais pourrait elle fuir celle des maitres des Karzai ? Dans ce cadre, faut-il se préoccuper réellement de l’élection présidentielle, du quatrième mandat ou des deux éventuelles années bonus ? Y a-t-il lieu de s’intéresser à un candidat de consensus, à la constitution, à la loi sur les hydrocarbures ? A la loi de finance 2014, à la corruption, ou à la scandaleuse permission d’exploitation des gaz de schiste, probablement pour les besoins de l’industrie Française ? Compte tenu de ce qui précède, Khelil, serait-il vraiment ce grand traitre responsable unique de la conception des différentes lois algériennes sur les hydrocarbures de la première décade de ce siècle ? Comment interpréter ou comprendre que la disposition de la loi algérienne sur les hydrocarbures autorisant l’exploitation des gaz de schiste en Algérie fut directement annoncée aux chefs d’entreprises françaises du secteur par leur ministre des affaires étrangères quelques mois avant qu’elle ne soit promulguée, adoptée en conseil du gouvernement puis par les deux chambres ? Juste une fuite ou l’expression réelle de la soumission du Karzai ?

               Si le contrôle total sur l’énergie et les principales matières premières du monde par l’occident deviendrait effectif, on pourrait penser qu’à terme, la Chine usine du monde, reviendrait peut être, pas totalement mais presque, à sa situation économique des temps du Maoïsme. Les troubles sociaux des sociétés occidentales migreront alors vers la société chinoise pour une instabilité politique couteuse. Les Chinois en sont très conscients. L’invasion du Mali par la France fut qualifiée par la presse chinoise comme étant une opération destinée à s’attaquer aux intérêts chinois dans le pays plutôt qu’à une opération dirigée contre le terrorisme. Cependant, le BRICS semble, au travers de son immobilisme, se constituer comme une offrande pour le salut des sociétés occidentales au détriment de ses populations en laissant faire totalement et pleinement la Karzaization qui en dernière instance vise sa mise sous contrôle pour ne pas dire sa mise à mort. Certes, la sagesse et la patience asiatiques ne sont plus à démontrer, mais compter uniquement sur l’éclatement de la bulle de la dette, conséquence de l’essoufflement de l’économie ou du modèle économique occidental constitue un pari risqué ou de long terme. Entretemps, nous populations meurtries du monde, devrions prendre conscience que la liberté des uns va appuyer la consécration de celle des autres, que notre engagement pour l’autre constituent l’engagement pour nous même, que l’échec du Karzai chez le voisin c’est l’affaiblissement de notre Karzai local qui nous oppresse et nous asphyxie. Notre destinée est commune, notre solidarité devra être sans faille. Le combat est rude, très déséquilibré, mais il faut le mener et surtout le mener ensemble. Parce que dominé, soumis, le Karzai est faible même s’il se prévaut de la puissance d’une armée. Une gendarmerie, une police, une armée, un peuple sont un ensemble d’individus, d’être humains et non des automates définitivement programmés. L’espoir est permis. Et tant qu’il y aura des hommes.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     http://www.youtube.com/watch?v=4vbuas5jf5E&feature=em-share_video_user

Fouad DELICI

 

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