Lutte contre la corruption, ou conflit d’intérêts ?

                                                                                                                                                                                                                                                                                         

En 1997, le précédent chef de l’état, l’ex général Zeroual s’était fermement opposé au deal conclu entre les services de sécurité et l’AIS, et ce faisant, refusait de mettre en œuvre les dispositions politiques du dit accord.

Afin de faire pression sur l’homme et le ramener à de ‘’meilleures intentions’’, les Algériens eurent à connaitre par voie de presse, l’existence de malversations commises par les plus proches collaborateurs de Zeroual. Le général, insensible et droit dans ses bottes, préférait plutôt ‘’se casser que de se plier’’. Et cassé, il le fut.

Incapable d’innover, les malversations mises en relief dans la presse depuis quelques mois ne sont pas plus qu’un remake d’une procédure usée jusqu’aux cordes et qui traduit un désaccord réel au sein des donneurs d’ordres. Tous les scandales révélés sont orientés dans le sens et la direction du chef de l’état, pour probablement  l’amener à entériner des décisions qui ne semblent point aller dans le sens de ses conceptions, de ‘’son programme’’, ou simplement de ses intérêts dans un sens large et qu’il refuserait d’exécuter. La pression est aussi d’autant plus grande que Bouteflika résiste. Les dernières menaces visaient directement sa famille. Il fit alors savoir lui aussi à en croire la presse, qu’il avait initié une  équipe de spécialistes chargée d’enquêter sur les affaires de corruption. En clair, Bouteflika informe ses adversaires qu’il possède lui aussi ses propres dossiers sur le sujet. Coup du sort ? Toujours est-il que l’AVC du chef de l’état intervint moins d’une semaine après cette annonce laissant les observateurs sur leurs fins.

Si dans l’affaire Zeroual, le mobile de la confrontation était clair, qu’en est-il avec Bouteflika ? La presse vectorielle, ne finit pas de disserter sur le blocage institutionnel de la république depuis la maladie du chef de l’état (diverses lois, LFC 2013, mouvement dans la magistrature et corps diplomatique etc …) et se demande d’une manière insidieuse, ‘’qui gouverne l’Algérie’’ eu égard à l’exécution de certaines décisions et la comptabilité d’actions qui ne peuvent être que du seul ressort de Bouteflika sachant par ailleurs que ce dernier, bien malade, comme pourrait l’être n’importe quel être humain, est dans l’incapacité de pouvoir décider ou faire exécuter quoi que se soit. Dans ce rôle ingrat, bien loin d’être le sien, ‘’l’instrument’’ presse est chargé de rappeler a travers les non dits de ses articles, que la constitution algérienne ne prévoit pas dans ses dispositions, les conditions éventuelles d’une délégation de l’ensemble ou de certaines prérogatives ou pouvoirs du Président de la République algérienne, et que ce manquement oblige, dans le cas d’espèce, à enjamber la constitution pour éviter ( relatif) la panne au train Algérie. Et la suggestion coule de source, il faut corriger ces manquements, et Bouteflika aurait tord de s’opposer à certaines dispositions constitutionnelles ou à la création entre autres du poste de vice président de la république. Ce que semble soutenir les Etats Unis à en croire les propos de la sous secrétaire aux affaires politiques à en croire la presse.

Il semble donc évident que le projet de toilettage de la constitution soit au moins un des points d’achoppement d’un duel qui s’exécute selon des modalités et des procédés d’un autre temps et d’un autre âge et la maladie de Bouteflika semble constituer pour ses adversaires, une véritable aubaine pour faire avancer leurs pions. Il faut juste que le Président reste vivant, puisse prendre seul une tasse de café pour avancer qu’il continue également à donner des directives et à gouverner depuis Paris. Le ridicule ne tue point. L’opportunité de la fonction de vice président de la république entre autre, ne semble point faire l’unanimité  au sein du consortium et le chef de l’état depuis déjà la dernière mouture de la loi fondamentale s’y était fermement opposé selon certains observateurs. La loi portant ‘’réconciliation nationale’’ fut promulguée après le départ de Zeroual, que ne fait on de même avec la constitution et que l’on évite à l’Algérie toutes ces humiliations? Mais une intrigue peut cependant en cacher une autre.

Le rôle particulier de troubadour attribué à la famille de la presse mis à part, il apparait avec acuité que les Algériens n’auraient jamais eu à connaitre toutes ces affaires de corruption et malversation de toutes sortes si ce n’était ‘’ces quelques mésententes’’ au sommet de l’état, et qu’aurions nous eu encore à connaitre, si le chef de l’état pouvait mettre à exécution ses menaces en rendant public ses dossiers ? Il est clair que ces odeurs nauséabondes qui remontent en surface ne sont que le produit d’un conflit d’intérêts ou l’Algérie n’est point à l’ordre du jour. La lutte contre la corruption, tout comme l’approche du développement du pays ne peut être que systémique et qu’en dehors point de salut. Et, à l’intérieur de ce théâtre d’ombres ou tout n’est que machination, manipulation, diversion il est encore question d’élection ouverte, transparente et honnête. Il est même question d’une période de transition. Il est permis également de rêver.

Fouad DELICI

                                                                                                                                                                                            

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