LA STRATEGIE DE LA TENSION: Sa nature, ses commanditaires, ses motivations

  Fouad Delici

               Des évènements majeurs, aux enjeux capitaux, voire vitaux sur le plan humain, social et économique se déroulent depuis le tout début de ce 21ème siècle dans le monde arabe et musulman se poursuivent et se poursuivront encore. Visiblement, si les populations et les  économies d’aujourd’hui en paient déjà un lourd tribu, les générations futures, alors ruinées, déstructurées, déchirées en feront  certainement tous les frais.    

               Considérant les évènements déstabilisateurs en cours en Egypte et en Tunisie, des révolutions populaires réussies seraient-elles pour autant salutaires, salvatrices dans un environnement mondial dominé par des superpuissances qui ne prétendent pas seulement mais exécutent la régence de l’humanité par le droit de la force au seul bénéfice d’ambitions personnelles parfois démesurées noyées dans un amalgame d’intérêts nationaux de toutes sortes ? Des puissances qui refusent fondamentalement l’autre, ou ne le tolèrent que dans la soumission et le reniement.

            Ceci étant, aurions-nous, nous musulmans atteint le point de non retour d’un processus avilissant et surtout irréversible, qu’il nous faut indubitablement subir, et abandonner ou tout au moins s’empêcher d’accompagner, ce magnifique réveil  des consciences en cours dans les rues arabes ? Les reportages sur ‘‘les armées secrètes de l’Otan’’ par des télévisions dont ne subsistent aucun doute sur la neutralité et dont les liens d’accès sont proposés ci dessous, tout comme l’interview de cet imminent historien Suisse sur le sujet, les ‘‘Stay behind’’ et les ‘‘false flag’’ donnent froid dans le dos, et conduisent presque au découragement, à l’inaction.

             Il faudrait nécessairement et obligatoirement tenter de comprendre les mécanismes de cette guerre, ses combinaisons et les facteurs mis en œuvre, il faut identifier à chaque fois les acteurs et les moyens engagés par ces fascistes du 21ème siècle, dépourvus de toute morale et autrement plus cruels dans l’absolu que ce que nous avons connu à travers le passé colonial, principalement parce que lâches, manipulatrices, leurs actions portent un masque, (false flag) transformant ce faisant, les victime en bourreaux, l’agression en justice. 

               Cependant, les hommes de devoirs ne  pourraient-ils point prétendre influer positivement sur un mouvement d’une aussi grande noblesse, éminemment dynamique, et espérer ce faisant orienter ou peut être même guider judicieusement l’espoir ? Si le combat contre le communisme fut dirigé contre une idéologie et ses corollaires culturels, voire de gouvernance, la guerre en cours aujourd’hui contre l’Islam et s’en est une, affronte et s’oppose à la foi de près de deux milliard d’êtres humains. Elle sera peut être longue, certainement très dure,  mais elle sera forcément et à coup sûr pour ceux qui l’ont déclenché la guerre de trop et ce n’est point ici une simple vue de l’esprit ou de l’optimisme béat, ce n’est en aucun cas une simple conviction, mais la certitude historique que la démence précipite la chute des empires et des civilisations.

               S’ils prétendent être en guerre ‘‘contre le terrorisme’’ qu’ils commanditent, gèrent et exécutent parfois, il est peut être grand temps pour les hommes de toutes confessions, les hommes de droit, de l’honneur, des devoirs et de la véritable foi d’engager ‘‘la lutte contre le fascisme’’

              Pour ce faire, un gigantesque effort de sensibilisation est à entreprendre et notre contribution ne possède pas plus d’ambition que d’introduire le sujet, dans le meilleur des cas, espérer contribuer à ouvrir des pistes, éclairer des sentiers pour comprendre avant d’agir, s’éloigner autant que faire se peut des manipulations pour assumer alors pleinement et entièrement nos échecs ou savourer en toute humilité et modestie nos avancées et à cet effet, juste pour l’exemple, loin d’être exhaustif, presque caricatural, et parce qu’elle développe les principaux ingrédients de la stratégie de la tension, entre autre les compromissions et manipulations, l’opération en cours au Mali mérite que l’on s’y attarde.

              1- A partir du 17 janvier 2012, le MNLA, mouvement Touareg (Mouvement National  pour  la Libération de l’Azawad) décide  de s’attaquer  aux garnisons maliennes  dans le but de  libérer l’Azawad. Il fut plus tard, à partir du mois de mars selon la presse internationale, appuyé par le mouvement Ançar Eddine (mouvement islamiste Touareg), puis enfin et toujours selon la presse rejoint par Aqmi et le Mujao.

              2- Le  22  mars 2012, au motif ‘‘d’incompétence dans la lutte contre le terrorisme’’, des hommes de rang (aucun  officier  supérieur),  sous  le  commandement  du   capitaine   Amadou  Haya  SANOGO   occupent  le  palais  

présidentiel et  destituent le  Président de la République Malienne monsieur Amadou Toumani Touré à cinq semaines de l’élection présidentielle à laquelle il n’était pourtant pas candidat. Mystère.

              3- Mal équipés et abandonnés totalement  depuis  le coup d’Etat  par les putschistes de Bamako, les militaires maliens  ont  déserté  leurs  positions  faisant  qu’à travers  le putsch, la junte  ne l’a pas uniquement encouragée, elle a précipité la débâcle et la chute en quelques jours (voulue ?) des villes de Kidal, Gao  Tombouctou et la capitulation pure et simple du Nord Mali.

              4- Le 6 avril, le MNLA proclame l’indépendance de l’Azawad libéré.

              5- Le  12  avril, la  junte  militaire  au Pouvoir, après  avoir  fait  démissionner  le Président  déchu Amadou Toumani  Touré, revient à  la ‘‘légalité’’ et  permet  au  Président  de  l’Assemblée Nationale, monsieur Dioncounda Traoré, et  ce dans le stricte respect  de la constitution, d’assurer  la Présidence par intérim du pays. Il devait, comme le stipule du reste cette même constitution malienne, organiser des élections présidentielles dans un délai de 40 jours.

              6- 10 mois plus tard, le Mali sans Président élu permet désormais inconstitutionnellement à Dioncounda Traoré, de garder l’intérim de la Présidence de la République du Mali.

              7- Le 10 janvier 2013, la ville de Konan tombe entre les mains d’Ançar Eddine. Le Président par intérim en appelle aux troupes françaises pour stopper ‘‘l’avancée des terroristes’’.

               Ceci pour les principaux faits, pour le reste, et à en croire les putschistes, le coup d’Etat dirigé contre Amadou Toumani Touré était donc motivé pour « incompétence dans la lutte contre le terrorisme ». On aurait pu d’un autre côté, très justement du reste, taxer  cette junte d’avoir, ou fait déserter et abandonner totalement le terrain ou le champ de bataille aux troupes maliennes. Cependant et au motif, le capitaine SANOGO n’a rien inventé. L’accusation est en fait assez ancienne.  

              Dans ses révélations sur l’Algérie, le site Wikileaks avait mis en ligne un câble de monsieur David Pearce ancien ambassadeur des Etats Unis en Algérie. Dans son rapport au département d’Etat daté du 25 octobre 2009, l’ambassadeur US reprenait l’essentiel de la teneur d’une réunion qui a eu lieu à Alger et ayant regroupé la sous secrétaire adjointe US pour l’Afrique madame Vicki Huddleston, le ministre délégué Algérien à la défense Monsieur Abdelmalek GUENAIZIA, le secrétaire général du même ministère le général major Ahmed SENHADJI ainsi que plusieurs officiers Algériens de haut rang. L’ordre du jour de cette rencontre étant  consacré principalement  à la situation au Sahel.

               Monsieur David Pearce écrit : « Le ministre délégué à la Défense a précisé que le gouvernement d’Amadou Toumani Touré pratique un «double langage » en matière de lutte contre Al-Qaïda au Maghreb. «Guenaïzia a déclaré qu’il y un problème de confiance avec le Mali (…) il y avait un "double langage" au Mali, les dirigeants politiques ne partagent pas l'engagement des chefs militaires», note le diplomate Américain dans cette correspondance classée secret. Le rapport de l’ambassadeur US  fait également état d’une déclaration d’un officier supérieur Algérien présenté comme responsable au sein de la DDSE. Ce dernier révélait l’existence de relation entre des fonctionnaires maliens et les chefs terroristes. «Le général major s’est plaint du fait que des fonctionnaires maliens aient alerté les insurgés que leurs appels téléphoniques cellulaires étaient suivis. Cela a causé une fuite de renseignements sensibles.» Ce même responsable militaire Algérien accuse une banque malienne d’être la ‘‘banque du terrorisme’’ et qu’elle servirait à recevoir les fonds de l’Aqmi, notamment ceux issus du trafic de drogue et les rançons versées pour libérer les otages occidentaux. «Nous devons supprimer cette banque, en soulignant le lien entre le trafic de drogue et de soutien pour le financement du terrorisme et de sa logistique. Il a accusé le Mali de faciliter les paiements de rançon pour les otages. Il a estimé que le Mali offre un environnement commercial favorable pour les terroristes et considère que beaucoup de familles riches et puissantes au Mali ont bénéficié de ces transactions illégales», note Pearce. Ce même officier dénonce la stratégie de Bamako à sévir contre toutes les populations maliennes qui tentent de lutter contre les terroristes. »

               Madame Vicki Huddleston aujourd’hui en retraite a confirmé le 6 février 2013 à une télévision satellitaire que la France a déboursé 17 millions de dollars pour ses otages enlevés au Niger.

               Il semblerait donc aujourd’hui, avec du recul, que les occidentaux n’aient pas pris à la légère les « conseils » des militaires Algériens, tout comme il semblerait que le Président Amadou Toumani Touré n’était pas aussi docile qu’il devait l’être, et qu’il n’était pas aussi engagé que voulu dans la ‘‘lutte contre le terrorisme’’.              

               Deux questions taraudent cependant l’esprit. Pourquoi les Putschistes Maliens ont-ils décidé d’agir cinq semaines avant le 29 avril date des élections présidentielles au Mali pour se débarrasser de « l’incompétent » ATT, sachant que l’homme n’était pas candidat à cette élection et qu’il serait parti de fait au lendemain de ce scrutin ? Pourquoi le capitaine SANOGO remet t-il les clés du Pouvoir au Président de l’Assemblée à peine trois semaines après l’avoir pris par la force?

               Des observateurs de la scène politique malienne estiment que les déclarations et positions politiques de l’ensemble des candidats à la présidence malienne et notamment celle du Cheikh Modibo Diarra donnée comme favori par la presse locale ne ramaient pas dans le sens et la direction voulus par ceux qui avaient décidé d’occuper ou plutôt administrer le Mali. Une personnalité, bien ciblée pour différentes raisons objectives était désirée pour gérer plus ou moine légitimement le Mali durant une période déterminée nécessaire à l’exécution d’un plan d’agression.

               Cette personnalité n’était pas candidate à l’élection du 29 avril parce qu’en poste à la Présidence de l’Assemblée Nationale Malienne et lui en ouvrir l’accès (conformément à la constitution) passait par une vacance du Pouvoir à Bamako. Pour installer le DIONCOUNDA (Président de l’Assemblée Nationale du Mali) donné pour une personnalité pro occidentale, un coup d’Etat était donc nécessaire et plus opportun à exécuter avant l’élection présidentielle du 29 avril pour éviter l’inconfortable position à déposséder un nouveau Président fraichement élu, autrement plus compliqué à motiver. 

               Rappelons à cet effet, que même sous la casquette de chef du gouvernement du Président intérimaire, le Cheikh Modibo estimait que le Mali devait, pour résoudre la crise sécuritaire du nord du pays, s’appuyer sur la CEDEAO et le traité de défense qui liait les 15 pays membres de cette organisation à laquelle appartenait le Mali alors que le capitaine SANOGO, putschiste par obligation, dans le sillage de ses sponsors déclarait : « Si les grandes puissances ont été capables de traverser les océans pour aller lutter contre ces structures intégristes, qu’est ce qui les empêche de venir chez nous ? L’ennemi est connu et il n’est pas à Bamako. Si une force devait intervenir, il faudrait qu’elle le fasse dans le nord ». Personne ne les empêche certes mais il y avait lieu à formaliser, pour des convenances de légitimité, la demande et l’appel sus cité est venu entre autres pour ce faire.

               La junte était donc pour et  appelait à une  intervention direct des puissances occidentales au Mali. Le Cheikh Modibo y étant opposé, fut démissionné, toujours par le capitaine SANOGO, et là encore, en toute illégalité. 

               L’appel officiel de DIONCOUNDA à l’intervention militaire française pour libérer le Nord du Mali après l’occupation furtive de la ville de Konan coulait alors de source. La demande politique venait confirmer celle des militaires et exprimer une position unie du Pouvoir malien. Il devient alors clair que le coup d’Etat au Mali ne constituait que le prélude, un préalable nécessaire et suffisant pour juste légaliser l’intervention française. Il n’était et ne pouvait être qu’une étape d’un processus.

               De son coté, le MNLA par la voie de son vice Président monsieur Mahamoudou Djeri MAIGA, qui s’exprimait sur une chaine satellitaire francophone le 5 février 2013, se disait toujours prêt pour des négociations avec les nouvelles autorités du Mali. Mieux, ce mouvement dont l’essence est la libération de l’Azawad, (comme son nom l’indique) qui a même proclamé l’indépendance du Nord Mali le 6 avril 2012, se déclare subitement « pour l’intégrité territoriale » du Mali. Il n’est plus question d’indépendance ni même d’autonomie, « il faut juste s’entendre autour d’une table sur la manière de promouvoir un nouveau Mali ». Monsieur MAIGA va plus loin et dit que le « MNLA se met au service de la France pour traquer les terroristes et les rebelles d’Ançar Eddine ».

               Il serait faux de croire que cette attitude, spectaculaire retournement de position du mouvement Azawadi fut conséquente à l’intervention sur le terrain des troupes françaises. Dans une lettre datée du 20 octobre 2012 adressée au Président Français et libellée au nom du CMA basé pour la petite histoire à Paris, au moment ou la France disait ne pas engager de troupes au sol au Mali, qu’elle ne serait jamais en première ligne et quelle ne fournirait qu’une aide logistique, les représentants du MNLA écrivaient déjà: «  le CMA rappelle avec insistance que ce serait une grave erreur de ne pas considérer le MNLA comme un allié précieux et crédible. La France, l’ONU et l’ensemble des parties prenantes doivent comprendre que le MNLA est un partenaire incontournable dans la recherche d’une solution de paix durable au Mali et qu’il est par conséquent absolument nécessaire de le mettre au cœur du dispositif politique et militaire afin de garantir le succès de toute action internationale contre les groupes islamistes armés dans l’Azawad ». 

               Sagesse ou reniement, toujours est-il que le CMA, à travers sa lettre, ne laisse planer aucun doute quand à l’option militaire. Il semble même être très au fait de ‘‘qui’’ allait entreprendre et ‘‘comment’’ serait conduite l’intervention militaire au Mali. Le MNLA n’écrivait pas au secrétaire général de l’ONU mais s’adressait au Président Français, chef d’un état major chargé d’une opération de guerre en préparation. Délit d’initié pour un exécutant d’un morceau d’une partition et craignant d’être oublié lors du ramassage des billes ose  rappeler ses services au bon vouloir du chef d’orchestre. Le MNLA, né en octobre 2011, augmente, pour ne pas dire confirme, les suspicions et doutes sur son autonomie et authenticité, notamment depuis la mort suspecte d’Ibrahim ag BAHANGA son fondateur.

               Considérant les déclarations des officiels Azawadi, les mêmes observateurs de la scène politique malienne estiment qu’en déclenchant les hostilités dans le Nord du Mali le 17 janvier 2012, le MNLA obéissait à des donneurs d’ordres.  Ils précisent que l’action armée du MNLA contre les troupes malienne était planifiée et exécutée pour constituer l’alibi d’une part et justifier tout autant les motifs du coup d’Etat contre ATT. L’intervention du MNLA constituait en fait la première étape du processus d’occupation du Mali. 

               D’un autre côté, l’Algérie appelait, selon sa presse locale notamment, à une solution politique ou négociée au Mali. Et, ce serait en insulter réellement ses Pouvoirs publics de croire que l’Algérie ignorait ce qui se déroulait à sa frontière Sud estiment nos observateurs. L’Algérie aurait elle aussi eu à exécuter un morceau de la partition globale ?

               A en croire «  le représentant de la jeunesse Tergui » monsieur Akli Kecha lors de ses interventions sur les plateaux de plusieurs télévisions, les Belmokhtar et autres Ançar Eddine ne seraient que des marionnettes entre les mains des services de sécurités algériens, et en ce début du mois de février, au cours d’une intervention au sein du parlement européen de Strasbourg dans le cadre d’un débat sur le Sahel, le député vert européen Daniel Cohn Bendict y semblait en être totalement convaincu.

               Vrai ou faux, l’Algérie dans les faits à réussi à mettre autour d’une table à Alger le MNLA et Ançar Eddine. Un accord y aurait été conclu. Oui mais quel type d’accord ? Comment expliquer l’occupation de la ville malienne de Konan le 10 janvier 2013 par Ançar Eddine que l’on dit proche d’Alger à moins d’une semaine de la signature de  l’accord en question?

               Dans les faits, force est de constater que la présence d’éléments d’Ançar Eddine à Konan fut prétexte à l’intervention des troupes françaises au Mali. Il y avait feu en la demeure, Bamako était menacée, il y avait urgence à stopper l’avancée des groupes ‘‘terroristes’’ en direction du Sud, y allait en cœur les médias français. La France qui clamait sur tous les toits qu’elle n’engagerait pas de troupes au sol au Mali à intervenu le 11 janvier en baptisant sa guerre « opération serval » 24 heures après l’occupation de Konan. Véritable chef d’œuvre, absolument inédite et à inscrire au registre des records que cette rapidité dans la préparation, la mobilisation, l’organisation et mise en chantier de ce mouvement de troupes.

               Sachant que l’Algérie avait disposé dès le mois d’octobre 2012 de plus de 35 OOO hommes pour sécuriser sa frontière malienne et que l’ensemble des officiels français ont toujours déclaré que leur pays et l’Algérie était en parfaite harmonie dans le dossier malien, nos observateurs ne doutent nullement que l’Algérie connaissait non seulement les plans français concernant le Mali, auxquels elle adhérait par ailleurs, mais qu’elle y avait sa part comme démontré plus haut en poussant Ançar Eddine à occuper Konan. La ville de Konan s’est laissée d’ailleurs prendre au même titre que les villes du nord, la fleur au fusil.

               « L’opération Serval » de la France socialiste, estiment les observateurs, avait donc été lancée le 17 janvier 2012.

               Il est clair, que ceux qui prétendent que la décision d’ouvrir l’espace aérien aux avions français constituait une décision unilatérale de monsieur BOUTEFLIKA qui aurait agit seul et dans le secret ne tient plus la route estiment nos observateurs considérant tous les faits depuis cette réunion avec la secrétaire adjointe US pour l’Afrique.

               L’opération d’In Amenas semble plus compliquée. Le mouvement du groupe des djihadistes qui selon Alger venait du Mali occupé, et qui aurait donc parcouru au bas mot, plus d’un millier de kilomètres, ne pouvait échapper aux satellites et autres moyens de surveillance d’une France en guerre. La facilité avec laquelle les djihadistes occupèrent la base vie et l’usine de gaz de In Amenas reste troublante tout autant que leurs motivations. Si une prise d’otage ou une action d’éclat avec des chances réelles de succès était souhaitée, mieux valait opérer en Libye ou le pays est pratiquement déstructuré notamment en matière de défense.

               La cacophonie dans les déclarations des officiels algériens (ministre de l’intérieur, de l’information) prête à penser, selon les observateurs, que les Algériens furent pris de cours dans cette affaire et contrairement à la France, ils ne peuvent avoir trompé dans la manipulation de cette tragique opération. Ce qui ne peut être dit au crédit de la France dont le Président était très vite monté au créneau pour se servir de cette tragédie pour encore plus légitimer l’intervention de son armée au Mali aux yeux de l’opinion publique française.

               Finalement, tout ce qui précède tend à démontrer l’ampleur de la manipulation des opinions. Les Maliens agitant le drapeau tricolore, accueillaient les militaires français en libérateur alors que l’opinion française unanime croie en une action de haute facture humaine et donc éminemment salvatrice et civilisatrice de ses dirigeants. Le rôle dans cette affaire des putschistes maliens est absolument criminel et que dire du MNLA qui pourrait tout au plus bénéficier de quelques promesses et  strapontins dans le prochain exécutif malien ? Entretemps, les informations depuis la France annonçaient la présence du chef suprême d’Ançar Eddine Ag Achérif en Mauritanie ou il aurait demandé à bénéficier du statut de refugié politique abandonnant ses hommes à leurs destins si l’information se vérifie. Ils serait aussi faux de croire que la France s’intéresse à l’or malien qui ne nourrit pas et loin s’en faut la population malienne souvent sujette à la famine. D’un coté, et à ce jour, il n’existe aucune réserve pétrolière prouvée dans le pays. Il y aurait bien, en préparation, une modeste prospection pétrolière en cours au Mali et la Sonatrach en association avec l’Italien ENI (tiens ?) y ait même engagée, et cela reste bien maigre eu égard à l’investissement engagé d’une France en guerre.

               L’intervention au Mali semble plus obéir à des motivations autrement plus consistantes. Intérêts géostratégiques internationaux, dressage d’un péril vert hypothétique né dans l’imaginaire des véritables extrémistes religieux chrétiens motivent un vaste projet de domination, presque de folie. Et c’est ainsi que de l’Afghanistan à l’Irak, en passant à travers la Lybie pour atteindre le Mali, la Syrie, les évènements d’Egypte et de la Tunisie en cours s’apparentent tous et à des degrés divers à la lutte contre ‘‘le terrorisme’’ déclenchée par les Etats Unis et L’Otan à la suite des attentas du 11 septembre 2001 dont beaucoup de doutes pèsent sur les auteurs et les motivations de cette immense tragédie.

               Utilisant les mêmes moyens (coups d’Etat, manipulations, attentats, assassinats), éléments d’une même stratégie qui a fait ses preuves en Europe dans le cadre de la guerre froide, la stratégie de la tension comme décrite et qualifiée par l’historien suisse GANSER, innove et intègre à son répertoire l’agression directe des peuples et des Etats.

               Qualifiée explicitement de croisade par G.W.BUSH puisque dirigées contre le monde musulman, les invasions directes et massives (Afghanistan, Irak, Mali), les frappes aériennes (Lybie) tout aussi meurtrières et destructrices, visent principalement à vassaliser les Peuples Arabes. Toutes les dictatures ‘‘souveraines’’  arabes ont subit l’assaut des concepteurs ‘‘du Grand Moyen Orient’’, et ne subsistent en leur état initiale, primaire devrions-nous préciser, que les plus soumises d’entre elles, celles qui d’une manière ou d’une autre, directement ou indirectement à des degrés divers, et au motif de ‘‘la lutte contre le terrorisme’’ appuient, soutiennent, assistent, aident et participent à la domination de leurs peuples, au pillage des ressources de leurs nations.  

               Au nom de la lumière, du savoir, de l’ouverture,  de la paix mondiale, et avec la complicité de quelques Etats Harkis est conçu, planifié et exécuté l’obscurantisme arabe et musulman, comme si toute l’obscurité et l’aveuglement qui nous caractérisent ne suffisaient pas.  

               L’occupation coloniale classique étant aujourd’hui extrêmement couteuse sur le double plan humain et économique, l’objectif de « ces croisés des temps modernes » consiste à Karzaiser les territoires conquis. Tant de morts, de misères et de souffrances pour que les peuples d’Irak, d’Afghanistan, du Mali, de Lybie, de Syrie, ‘‘s’émancipent’’ pour glisser d’une occupation à une autre, d’une dictature souveraine à une dictature vassale, humainement tellement plus honteuse, plus humiliante, tellement plus dégradante, indigne, et Dieu si avilissante. Le ‘‘nif’’ aussi long soit-il ne serait qu’en bois, en somme des Pinocchios.

               Il existe cependant deux exceptions à la règle. L’Egypte et la Tunisie qui, de par la seule volonté de leurs peuples réciproques, sont passées du statut des pays rampants sous les Moubarak et Benali au statut d’hommes libres après ce qui peut être qualifié de deux véritables printemps, deux véritables révolutions. Mais ce passage à la liberté qui à suscité tant d’espoir, tant de bonheur chez nous Maghrébins ne pouvait être laissé pour compte et l’assassinat de monsieur CHOKRI Belaid est là pour nous sortir du rêve et nous replonger dans la réalité d’un monde pensé, conçu sans nous puisque dirigé contre nous. Sur le plateau d’une chaine de télévision française, un journaliste Italien (A. Toscano) a émit le vœu que ce meurtre ne soit pas comparable, dans ses motivations, à ceux qu’a connu l’Italie sous ‘‘l’opération Gladio’’. Et malheureusement il l’est, ou même plus :

               Au même registre s’inscrit l’action des Amr Moussa et autres Baradai qui, face au premier Président de la République réellement élu de l’histoire de l’Egypte contemporaine, s’attaquent aux instruments essentiels de la démocratie, ceux assurant entre autres l’alternance pacifique au Pouvoir à travers le scrutin universel. Sur le plan économique, l’Egypte et la Tunisie subissent la théorie mitterrandienne dont nous avons déjà exposé les contours dans une précédente intervention. Une théorie qui vise l’étranglement économique des deux pays pour retourner les populations et ‘‘vacciner ainsi l’intégrisme’’ estimait feu, l’ancien Président Français dans sa position concernant la situation algérienne lors de l’arrêt du processus électoral du 11 janvier 1992. Sur le plan social transparait cette volonté manifeste de maintenir ces pays dans le désordre, et de cette façon, à travers cette tragique conjugaison socio-économique, s’exerce aussi une autre facette de « la stratégie de la tension » pour que l’Egypte et la Tunisie reviennent au statut qu’ils n’auraient jamais dû quitter, celui de n’être pas plus que des vassaux,  pour ne former, à l’instar des pays du monde arabe et musulman, que de simples départements d’outre-mer français, américains ou anglais.

               Nous continuons bien sur à soutenir pleinement le peuple Syrien dans son combat contre la dictature de la famille Al Assad, de même que nous avions tellement désiré la chute du régime libyen. Cependant, nous ne pouvons et c’est un euphémisme, qu’être inquiet de l’avenir de ces pays, et à entendre le Bernard Henry LEVY qualifier Ali ZEIDAN, le chef du gouvernement libyen,  d’être un laïc, un pro-occidental et un modéré, comprendre, un Karzai, un Maliki ou autre du même genre et avertir ou instruire qu’en Syrie, la chute d’Al Assad doit être accompagnée par la mise à l’écart des combattants de l’armée syrienne libre se proclamant islamistes, pour ne laisser place qu’aux laïcs, fini de planter le décor de la suite attendue. De toutes les façons, il ne sert à rien de se voiler la face, l’opposition syrienne, fabriquée et façonnée outre mer est reconnue officiellement par tous les Etats, autant par les maitres que l’ensemble des valets.

               Et, dans cette réelle et tragique ‘‘Nekba’’ ou la souveraineté des Etats Arabes n’est qu’une simple vue de l’esprit, à la limite le slogan d’une coquille vide, destiné à titiller à l’occasion, un patriotisme existant ou supposé, en tout cas agonisant au sein de populations en proie à tous les maux de la terre, le départ de Ouyahia, Belkhadem, de Bouguerra et même des dirigeants historiques du FIS en proie à une même opération de déstabilisation à en croire l’avant dernier prêche du cheikh Ali Benhadj et quels qu’en soient les motifs, les acteurs et les actants, tout ce mouvement ne serait pas plus que des étapes intermédiaires ayant pour objectifs la pérennité du système dominants /dominés et à ce titre, l’enjeu est ailleurs. Il est crucial, il sera déterminant. Le ‘‘to be or not to be’’ se joue en Egypte et en Tunisie. Les Tunisiens en sont conscients, et à juste titre, le premier ministre en exercice estimait que l’assassinat de Chokri ne visait pas un parti politique, il s’attaquait à la Tunisie. Les Egyptiens, tous aussi concernés par l’enjeu planétaire qui se déroule dans leur pays ont demandé au  Cheikh Ali Benhadj de s’exprimer en direct sur les troubles qui secouent leur pays le vendredi 16 février lors de la manifestation populaire qui a été organisée a l'université du Caire après la prière du vendredi. Pour des raisons de décalage horaire, le cheikh a préféré enregistrer une petite allocution qui fut enregistrée le 15 pour une diffusion en public le vendredi16.

Des personnalités libres s’inquiètent de la direction orientée de l’humanité et s’y opposent, ils ne peuvent pas faire plus que dénoncer, sensibiliser et prendre courageusement position pour le droit et la paix. Daniele GANSER qui mérite notre respect et toute considération est de ceux là. Qu’il en soi ici encore une fois, vivement remerciée.

 Il faut lire l’interview qui sera publie prochainement et visionner ce qui suit (Voir les liens) et savoir qu’il y a beaucoup d’autres témoignages sur la toile qu’il faut simplement chercher. Il faut alors se rappeler des faits, des évènements antérieurs et faire les analogies et comparaisons qui s’imposent pour canaliser l’engagement, doser l’effort, juste pour se sentir au plus profond de soi, vivre, libre, presque satisfait d’exprimer au moins notre refus, ne serait-ce que par l’esprit, peut être dans le silence, quand bien même enfermés que nous sommes dans le carcan de la soumission imposée

Et tant qu’il y aura des hommes

Fouad.D

- "1950-1990 : Le scandale des armées secrètes de l’OTAN"

Documentaire d'Emmanuel Amara (France/2011), Cofinancé par la TSR.

"Immersion dans une partie méconnue et "protégée" de l’histoire récente de l’Europe: les armées secrètes de l’OTAN. Ce documentaire propose de retracer l’histoire de ces réseaux opaques: leur raison d’être, leur fonctionnement, mais aussi la logique qui entraîna leur dévoiement criminel et anti-démocratique. [...]"

Retour au début : http://www.dailymotion.com/video/xhb65t_1950-1990-le-scandale-des-armees...

La suite : http://www.dailymotion.com/video/xhb5vg_1950-1990-le-scandale-des-armees...

La suite : http://www.dailymotion.com/video/xhb5pl_1950-1990-le-scandale-des-armees...

Pour en savoir plus :

http://www.rsr.ch/la-1ere/programmes/histoire-vivante/?serie=2979176

http://www.dailymotion.com/playlist/xurkb_jackyshow38_operation-gladio

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