Le discours de monsieur Ouyahia possède indubitablement les connotations de l’enfant puni qui cherche à se faire pardonner

Djaffar: J’avais promis de publier les réponses de Fouad DELICI à un certain nombre de questions relatives à une lecture politique de certains évènements importants ayant jalonné la marche du mouvement islamique en Algérie ce que nous ferons, en fonction des évènements. Cependant l’actualité commande de faire connaitre au public algérien une autre analyse sur le discours de Ahmed OUYAHIA, surtout que nous avons rencontré pour le sujet Fouad DELICI mais aussi Kamel GUEMAZI.

 Ce dernier, arrêté arbitrairement le 30 juin 1991au niveau du siège de la télévision algérienne alors qu’il accompagnait le Cheikh Ali BENHADJ fut condamné à sept ans de prison ferme par le tribunal militaire de Blida au motif d’inculpations totalement fallacieuses. Il était par ailleurs membre fondateur du Front Islamique du Salut et fut élu président du conseil populaire de la ville d’Alger en juin 1990. Il est important de remarquer, qu’au même titre que l’ensemble des chouyoukhs, Kamel GUEMAZI avait vécu la période de juin 1991 à Janvier 1992  dans une prison militaire lui le civil, et que dans ce cadre, il ne peut en aucun cas, et toujours au même titre que les autres chouyoukhs lui être imputé une quelconque responsabilité dans les évènements tragiques qui secouèrent l’ALGERIE depuis 1992 à 1999.

Ma question était toute simple et s’adressait aux deux hommes. 

« Votre analyse sur les dernières déclarations du premier ministre ?» et, au vu de l’intervention de l’un et de l’autre sur le sujet, j’avais rapidement compris que la question a dû être discutée, débattue par les deux amis puisqu’ils partageaient exactement le même avis, et le propos de l’un venait juste corroborer, préciser ou compléter le propos de l’autre. Dans ce cadre, je crois utile de fournir le fond de l’analyse en mixant les réponses partant qu’elles rendent l’écho, quitte à me répéter, des mêmes idées.

« Depuis 1995, monsieur OUYAHIA est aux affaires dont au moins trois fois comme premier ministre. Si l’accord avec le FMI eu lieu en 1994 sous l’ère de Réda Malek, ce fut OUYAHIA qui principalement eu à concrétiser sur le terrain les recommandations (comprendre injonctions) du Pacte d’Ajustement Structurel afférent à l’accord. Outre le libéralisme total et du reste sauvage matérialisé par le fleurissement des ‘commerces et grossistes multiples’ rappelons qu’entres autres recommandation du PAS, il était fait obligation à l'Algérie de ne plus subventionner les entreprises publiques défaillantes et principalement celles gérées par les APC et les Wilayas.

 La mise en faillite de ces entreprises, exigée par le FMI allaient mettre au chômage des dizaines de milliers d’Algériens que la colère aurait pu conduire à épouser les thèses de l’opposition politique et armée à une époque où l’enjeu de la bataille livrée contre le terrorisme visait justement à engager la population au côté du Pouvoir. Cependant, et comprenne qui pourra, le terrorisme (dans un élan de générosité contre nature et sans précédent) est venu aider OUYAHIA à résoudre une équation extrêmement délicate en s’attaquant de nuit aux entreprises déficitaires et vouées à mettre les clefs sous le paillasson en brulant leurs actifs (Sièges, parcs roulants, engins etc.…), faisant que le Pouvoir de l’époque remplissait ainsi ses obligations contractuelles avec le FMI d’une part (puisque les entreprises brulées fermaient), et gagnait à sa cause d’autre part, les milliers de travailleurs mis au chômage forcé et qui auraient pu aller grossir les maquis si le Pouvoir aurait lui-même fermé ces sociétés conformément aux dispositions du PAS. Mais alors, pour qui roulait ce terrorisme ? Laissons la question pendante, au même titre que le ‘’Qui tue Qui’’ et donnons du temps au temps, persuadés que nous sommes, que la lumière triomphera forcément des ténèbres.

Pour autant, et pour préciser encore mieux sa paternité, le libéralisme en question fut accepté et adopté au moment où il fut mis fin aux fonctions de monsieur Belaid ABDESLAM et de son économie de guerre (Aout 1993 ?). Ceux qui décidèrent donc de l’éviction du ministre de l’énergie de Boumediène, non convaincu par sa politique, le firent dans le but de changer la politique économique du pays.

 Sortir de l’économie de guerre et de son austérité, obligeait les décideurs, par gouvernement interposé, à faire une longue halte auprès de l’institution de Breton Wood pour un bol salvateur de dollars dans une Algérie en guerre civile, mais avec à la clef le libéralisme dénoncé aujourd’hui par le premier ministre en exercice, lui qui, près de dix-sept ans durant s’est évertué avec une grande docilité à la mise en œuvre et à l’application de l’accord avec le FMI (PAS). La suite, nous venons de la décrire très succinctement.

Pour le reste, le discours de monsieur Ouyahia possède indubitablement les connotations de l’enfant puni qui cherche à se faire pardonner, et dans le cas d’espèce par ses sponsors et sans plus. En aucune manière le premier ministre ne dénonçait dans ses propos la jonction opérée entre le pouvoir politique et la puissance de l’argent sale. Il expliquait simplement, comme quelqu’un pris en faute, que son action étaient dirigée contre ce qu’il appelle le Pouvoir de l’argent qui pollue l’activité économique et consacre l’informel.

 En aucune manière il ne s’opposait aux orientations économiques du Pouvoir réel, lui-même dans l’obligation de s’inscrire dans la tendance mondiale en générale (crise) et la conjoncture européenne en particulier (besoin en capitaux). En affirmant que la responsabilité de l’action était collective, il signifiait également qu’il était le premier ministre de monsieur Bouteflika chef suprême et qu’il ne pouvait donc être seule comptable des décisions qui fâchent.

 Pour comprendre, il faut ici aussi remonter le temps et réécouter le discours de monsieur BOUTEFLIKA prononcé devant les maires en 2008 et au cours duquel il fit part à ses auditeurs de l’échec de l’exécutif (dont il présidait l’action, faut-il encore le préciser) dans sa politique économique en particulier ce qui prêtait à penser que des correctifs dans ce sens allaient être opérées. Et en effet, une fois la constitution violentée et le troisième mandat présidentiel entamé, l’instauration de la lettre de crédit, l’utilisation du chèque pour le règlement de toute transaction commerciale égale ou supérieure à 500 000,00DA et la formule du 51/49 % dans tout partenariat entre une firme algérienne et étrangère consacrées, laissait entrevoir les prémisses d’une réorientation de la politique économique de l’ALGERIE et là réside réellement le conflit.

Il semblerait que ce recentrage (stratégique ?) de l’économie ne fut pas l’œuvre d’un consensus du Pouvoir mais une action unilatérale du gouvernement de Bouteflika. Faudrait-il encore que ce changement de direction économique ne soit pas l’expression d’un clan au niveau du Pouvoir réel ce qui laisse supposer que nous pourrons assister à la mise à la retraite de cadres dans peu de temps. Défaite oblige. Et dans les faits, la riposte au patriotisme économique vint. Elle fut bien sûr violente, comme à son habitude, caractérisant un trait de la personnalité de ses concepteurs, en ce début de janvier 2011sous la forme de manifestations officiellement destinées à protester contre l’augmentation du sucre et de l’huile. L’avertissement fut perçu, compris et le recul du gouvernement opéré dans les faits. La rue ne fut pas la seule à être instrumentée, la presse écrite privée fut dans cette campagne, comme à son habitude, totalement engagée.

Ceci expliquant cela, il est aisé de comprendre le pourquoi de la victoire du FLN aux législatives et celle de son secrétaire général devant ses contestataires du comité central et par voie de conséquence la défaite du RND. Bouderie dans un premier temps puis excuses faussement nationalistes en deuxième temps, une question vient à l’esprit. Le premier ministre est-il excusé ? Lui le ‘’commis de l’état ?’’ L’avenir le dira.

Et la présidente du PT dans tout cela avons-nous osé ? Elle est absolument dans son rôle dans cette tartufferie et si elle n’existait pas le Pouvoir  l’aurait inventé.

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Commentaires

Portrait de mannallah

Abelkader HACHANI…..Cheikh Ali BENHADJ 
Que d’honneur pour ceux deux personnes, pour l’un comme pour l’autre lorsque leurs photos sont publiées..Les internautes, toutes tendances confondues évoquent la CHARIAA . N’est-ce pas là un DON QUI NE PEUT VENIR QUE DU TOUT PUISSANT …Un témoignage, on ne peut plus clair qui atteste combien l’intention de ces HOMMES EST SINCERE vis-à-vis de leur peuple ...de leur patrie et surtout faire valoir pour ceux et celles qui veulent bien voir une certaine reconnaissance aux CHOUHADDAS D’hier et d’aujourd’hui pour leur dire que leur combat n’a pas été vain et qu’il est prêt à aboutir par l’instauration d’un Etat de droit respectueux des valeurs de ce peuple …RAHIMAK ALLAH YA Abdelkader..HAFIDHAK ALLAH YA CHEIKH ALI …Amine….
 

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